Bunker paradise : Curiosité classeCurieux objet que ce
Bunker Paradise, premier film franco-belge de Stefan Liberski qui met en vedette le désormais incontournable
Jean-Paul Rouve, le top modèle Audrey Marnay, le télévisuel François Vincentelli et les grosses légumes
Jean-Pierre Cassel et Yolande Moreau. Curieux car exigeant, froid et d'un cynisme sévèrement assumé. Curieux aussi car déroutant, assez souvent maladroit et au final vraiment inégal. Cependant le film possède un certain capital sympathie car malgré son sujet casse-gueule et ses ambitions inavouées, il oublie d'être prétentieux et parvient sur la longueur à distiller un malaise, des impressions, des couleurs et des sensations qui perdurent au delà de la projection. Et ce n'est pas non plus tous les jours qu'on peut voir au cinéma des personnages habités d'un tel cynisme et manipulés par une telle haine du genre humain. Pour ces raisons mais aussi pour son personnage féminin indubitablement intriguant, ce long-métrage mérite que l'on s'y attarde.
Hitman : videoludiquement un peu classeQuoiqu'en diront les mauvaises langues, il n'y a pas ratage intégral dans l'entreprise
Hitman qui fait preuve d'une jolie composition de cadres accompagnée d'une réelle envie de partager une aventure explosive et sensuelle avec les spectateurs. On en regrette d'autant plus plusieurs errances scénaristiques et des séquences d'action parfois un peu trop minimalistes vu l'ambition du projet. Du point de vue de l'adaptation vidéo-ludique, on se place dans la bonne moyenne actuelle avec une oeuvre frontale, directe qui a l'intelligence et l'honnêteté de proposer un spectacle masculin fun et pas prise de tête doté d'une esthétique prometteuse. Pour une deuxième oeuvre, il y a déjà beaucoup de qualités chez Xavier Gens, subissant ici les contraintes de l'oeuvre de commande.
Hitman ne révolutionne aucunement notre vision du cinéma d'action mais propose un film simplement jouissif pour tout amateur bienveillant de cinéma bis et de jeu vidéo.
Taken : Vengeusement classePierre Morel, déjà réalisateur de
Banlieue 13, mais au scénario bien symptomatique des productions Europa Corp, revient ici avec un second long-métrage qui, au vu de ses origines, faisait craindre le pire. Encore une fois produit et scénarisé par
Luc Besson,
Taken avait tout pour aller se loger au côté des
Taxi et autres
le Baiser mortel du dragon. Mais surprise, au delà de quelques travers scénaristiques oubliables, le film se révèle jouissif à bien des égards. Premier point fort de l'entreprise, celui-ci se dote d'un solide casting américain composé de têtes aussi connues que respectables (
Liam Neeson, Famke Jansen, Maggie Grace). Filmé avec un sérieux inébranlable et doté d'un script jusqu'au-boutiste des plus énergiques,
Taken enchaîne alors avec une constance qui force le respect, nombre de séquences d'action brutes de décoffrage aussi nombreuses que variées. Rappelant par instants les meilleurs polars des années 70,
Taken est une véritable surprise et permet de confirmer le talent de son réalisateur pour les scènes d'action crues plongeant son spectateur en apnée et les ambiances pesantes et électriques. S'éloignant sensiblement des productions habituelles d'Europa Corp., ces dernières ayant généralement les atours d'un grand huit joyeusement festif et hautement racoleur, cette course haletante foncièrement adulte en forme de polar a fait fureur outre-Atlantique tant elle n'avait rien à envier aux productions locales.
Home : écologiquement classeLe premier blockbuster en matière de documentaire écolo de l'histoire du cinéma. On contemple béat ce qu'il nous reste d'une nature bouleversante de beauté. Si l'on n'y fait pas garde, elle risque de disparaître et l'Homme avec. Pour son premier long-métrage Yann Arthus-Bertand applique la recette qui a fait le succès de ses livres illustrés avec une maîtrise et une pertinence qui va immanquablement diviser. Pourtant, le film tel qu'il se présente est un voyage cinématographique unique. Disposant d'une diffusion sans précédent, défendue par son producteur Besson, cette oeuvre d'utilité publique invite à une prise de conscience profonde.