Alors que nous avons été sensiblement en retard en France avec la première saison des
Masters of Horror, l'éditeur Fip rectifie le tir en proposant l'intégralité de la saison 2 dès le mois d'août prochain où nous pourrons retrouver une pléiade de réalisateurs plus ou moins inspirés par leur défi respectif. Cette fois-ci les films ne seront pas proposés séparément. Notons également que la ligne éditoriale générale changera radicalement de celle tenue l'an passé puisque ce coffret regroupera 7 DVD en boîtiers slim (à l'image du coffret zone 1 de
Vendredi 13 ou du coffret de
Lost Saison 2) à raison de 2 films par disque pour les cinq premiers DVD et de 3 pour le sixième. En attendant un test complet où l'on décortiquera le DVD de bonus, nous vous proposons un tour d'horizon de l'ensemble des films proposés ici…
Le Chat noir – Stuart Gordon : 7/10Pour sur, il a la pêche le père Gordon. Depuis
Le Cauchemar de la sorcière, son précédent opus de
Masters Of Horror, justement, le créateur de
Re-Animator n'en finit plus de tourner et tourner. Après son excellent
Edmond, et en attendant
House of Re-Animator, et
Stuck il nous gratifie cette fois-ci d'une réadaptation relativement déjantée de The Black Cat, célèbre nouvelle d'Edgar Alan Poe. Ici, c'est justement l'écrivain qui est cœur de sa propre histoire, où l'on y découvre à travers quelques vérités détournées que l'histoire en elle-même est une simili biographie lui ayant servi de modèle pour la fameuse nouvelle morbide. Farfelu, mais ingénieux de la part d'un cinéaste qui se permet, d'une part, de se réapproprier le mythe sans basculer dans un copié collé de tout ce qui a été fait jusque là – elles sont nombreuses les adaptations ciné/télé – mais également d'offrir une vraie fable horrifique particulièrement déconnante. Du vrai divertissement reposant sur un Jeffrey Combs aussi chaud bouillant que dans ses
Re-Animator, les deux personnages sont extrêmement proche, et qui se lâche énergiquement grimé sous sa moustache et son impossible permanente qui lui donnent parfois l'impression d'être dans un sketch de Benny Hill. Les habitués du cinéaste dans sa période fofolle ne sont en tout cas pas pris au dépourvu, le rire laissant peu à peu place à une atmosphère particulièrement glaçante. Rares sont les hurlement qui dressent les poils du dos…
Une Famille recomposée – John Landis : 7/10Comme le confirme la chronique ci-dessus consacrée à Hooper,
Masters Of Horror, c'est un peu le contrôle médical des papys de l'angoisse. Si l'un va de plus en plus mal, l'autre – John Landis, donc – se porte comme un charme. En effet, avec son excellent
Deer Woman proposé l'an dernier, il a parfaitement su retranscrire dans la liberté de ton télévisuelle toute la démarche burlesque dont sa filmographie a perpétuellement été jalonnée. Le cinéma fantastique est une énorme ânerie, et il est bon de savoir s'en amuser. Chose qu'il perpétue ici avec un peu plus de malice narrative (pas de monstre fantaisiste) et sans étaler de vraies grivoiseries à l'écran puisque l'on est en plein 15ème degré joliment masqué. Le réalisateur se sert en tout cas à merveille du format télévisé pour dépeindre un univers pavillonnaire très
Desperate rose bonbon pour y raconter son histoire de voisin Serial Killer (le jovial George Wendt) qui s'amuse à massacrer vieillards, femmes et enfants pour les désosser, relooker leurs restes tout nettoyés et se reconstituer une famille façon Norman Bates. Et parce que c'est génialement absurde, on se tâte presque trop régulièrement entre le tétanisant et l'hilarant lorsque les deux ne se croisent pas. Certains talents ne périssent jamais…