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Mia Et Le Migou : Interview Du Realisateur [page 1]

Par Gwenael Tison - publié le 14 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 14 octobre 2009 à 00h05 - 0 commentaire(s)
Mia et le Migou met à l'honneur le cinéma d'animation français et signe le retour du talentueux Jacques-Rémy Girerd. Le réalisateur du merveilleux La Prophétie des Grenouilles qui avait totalisé plus de 1,2 million de spectateurs lors de sa sortie en 2003 revient sur le devant de la scène avec une fable aux accents poétiques et philosophiques. Un artiste passionné et à la bonhomie communicative qui a répondu volontiers à nos questions.



Après le succès de La Prophétie des Grenouilles, il a dû être plus aisé d'entreprendre des projets de films d'animation plus ambitieux, pourtant plus de six ans se sont écoulés entre votre précédent film et Mia et le Migou ?
Il n'y a eu aucun temps mort car j'ai écrit Mia et le Migou avant la fin de La Prophétie des Grenouilles. La raison pour laquelle il s'est écoulé autant de temps, c'est qu'il faut six ans pour faire un film d'animation. C'est long et incompressible. Il faut deux ans, à peu près, pour écrire et développer le film. Pour moi, l'écriture va jusqu'au montage en noir et blanc avec des images fixes issues du story-board. Je fais les voix, je mets en place les cinématiques. Après, il faut monter financièrement le film. Cela ne veut pas dire que le film s'arrête. Il est toujours en développement. Puis, il y a trois ans de production avec l'animation, le son, la musique… Bref, tout le travail de mise en œuvre du film. Il a ensuite une demi-année de finition et actuellement je suis dans la dernière phase de la préparation de la sortie du film en salle.

Concernant les thématiques abordées, notamment celle de l'écologie ou celle du promoteur peu scrupuleux, comment avez-vous construit un scénario aussi riche et qui colle étonnamment avec l'actualité de crise dans laquelle nous vivons ?
Oui c'est vrai, j'ai revu hier le film à Londres et ce promoteur qui fait faillite, ses actions en bourses qui dégringolent…C'est étonnamment d'actualité. De toute façon, cela fait très longtemps que je me demande comment les choses tiennent avec cette histoire de bourse. Je ne suis pas le seul, bien entendu. Des gens qui gagnent des milliards et d'autres qui vivent dans la rue. Il y en a qui gagnent des milliards et d'autres qui ne gagnent rien du tout. Il y a une telle disproportion dans l'échelle des rémunérations et dans les échelles sociales que forcément ce système capitaliste à outrance est voué à l'échec !



Ce que vous montrez fort bien avec le personnage du père qui perd littéralement l'esprit, basculant dans la folie…
Oui, c'est une situation qui peut mener uniquement à la folie. J'ai rencontré l'autre jour un ancien trader à New York qui a lâché le métier il y a dix ans. Il revenait sur la futilité de tout cela, la vacuité, c'est complètement irréel et ça ne repose sur rien. On ne peut pas forcément bâtir une belle vie sur un monde comme celui-là. Les bases de Mia sont différentes. Elle, au contraire, est une petite fille qui n'a rien, qui est dépourvue de tout, qui n'a même pas de chaussures et qui vit dans un des pays les plus pauvres parmi les plus pauvres. Pourtant, elle a une vie chaleureuse…


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