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Mirrors : Interview Alexandre Aja [page 1]

Par - publié le 08 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 08 octobre 2009 à 22h13 - 0 commentaire(s)
Au départ, il y a Into the mirror, un thriller fantastique sud-coréen réalisé par Kim Seong-Ho où la malédiction du miroir servait de prétexte pour nourrir une histoire psychologique tirée par les cheveux. Désirant changer de registre (passer du film d’horreur à l’artillerie du surnaturel), le réalisateur Alexandre Aja et son fidèle scénariste Grégory Levasseur en ont tiré une déclinaison américaine pour le compte de la Fox en tentant de reproduire ce qu’ils avaient magistralement réussi sur La colline a des yeux : dépoussiérer l’original et améliorer ses faiblesses sur un mode plus spectaculaire que suggestif. Le résultat est désormais disponible en DVD et en Blu-Ray. En interview, Aja revient sur cette expérience en éclarcissant les zones d’ombre, vend un prochain long-métrage ambitieux et surtout avoue s’être pris une immense claque en découvrant sur les conseils de Eli Roth Les révoltés de l'an 2000 en DVD (il ne l’avait jamais vu). Parmi ses découvertes récentes au cinéma, il ne s’est toujours pas remis du Morse, de Tomas Alfredson.



Dans quelle mesure êtes-vous intervenu dans l’élaboration du DVD de Mirrors ?
Ça a été pour moi le premier DVD où la perspective du Blu-Ray a existé. Jusqu’à présent, on ne pensait pas en contenu Blu-Ray. La révolution du Blu-Ray donne essentiellement la possibilité de voir le film dans les meilleures conditions possibles. Quand on est réalisateur et que l’on passe des semaines et des semaines à faire l’étalonnage de son film et à essayer de faire le meilleur master et qu’ensuite, on passe dans une autre discussion très technique, dont tout le monde se fout alors que c’est le plus important. Comment on va faire un encodage, une compression qui ne va pas détériorer le film, surtout quand un film se passe à 70% de nuit dans des endroits atmosphériques, qu’on tient à ce grain et que l’on n’a pas envie de quelque chose de lisse ou de transparent ? Tout ça prend de la place et malheureusement, les éditeurs et les studios ont tendance à se focaliser sur les suppléments. A l’arrivée, on a des DVD qui ne ressemblent pas du tout au film, qui ne ressemblent pas du tout au master et dont l’étalonnage devient pixellisé.



Est-ce selon vous le Blu-Ray peut répondre à ce problème ?
Oui, même si ce n’est pas encore réglé et qu’il y a toujours des gens peu scrupuleux qui sont tout au long de la chaîne. Au moins, techniquement, on a la qualité de stockage nécessaire pour avoir des masters encodés qui soient compressés au minimum. L’avantage du Blu-Ray, c’est ce qu’on nous a promis avec le DVD et qui n’était pas exactement à la hauteur des promesses. Ce qui m’échappe encore, c’est pourquoi ça coûte aussi cher. J’imagine que c’est pour écouler les stocks de DVD avant de passer au Blu-Ray. Mirrors s’inscrit totalement dans la problématique dont on vient de parler. Sur le DVD américain, il n’y a qu’un seul disque avec beaucoup de suppléments. Evidemment, la qualité du film lui-même n’est pas du tout en correspondance avec le travail fourni lors de l’étalonnage. Mirrors est très visuel, atmosphérique, et contient des détails. Le Blu-Ray va les appuyer et permettre au spectateur de le découvrir dans des conditions parfaites. Récemment, Furia est sorti en zone 2. Je suis content que ça arrive enfin. Un homme – dont j’ignore l’identité – a réussi à acheter les droits il y a dix ans. Il l’a distribué de manière très bizarre aux Etats-Unis avec un tirage limité. Le master qu’il distribuait en DVD, on aurait dit qu’il avait filmé sa télé avec une caméra DV. Je n’ai jamais vu un master aussi dégueulasse. Heureusement, là, on a un master qui respecte plus le film tel qu’il était.


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