Par Jean-Baptiste Guégan - 23 juin 2008 - 0 commentaire(s)
S’il est des films qui marquent une vie et la bouleversent, il en est d’autres qui ne justifient en rien le pouvoir évocateur du cinéma. Ces films, ce sont des nanars, autrement dit des métrages navrants à tous points de vue. De ceux qui explorent les confins de la médiocrité et qui s’inscrivent dans nos mémoires comme les plus invraisemblables expériences d’une carrière de spectateur. Et s’il n’est aucun amateur de cinéma qui n’ait pas connu cette intolérable expérience, il n’en reste pas moins que nous avons chacun le nôtre. Ainsi, les uns choisiront-ils tel film de combat qui frise la perfection dans l’insupportable alors que d’autres aborderont le problème en retenant telle ou telle production française prompte à l’exaltation aussi fielleuse que venimeuse. Pour ma part, si l’on excepte les suites en général, mon pire souvenir de cinéma, mon plus mémorable nanar reste le film que signa Paul Anderson en 1995, Mortal Kombat.



Une histoire digne d’un nanar : l’adaptation parfaite d’un jeu vidéo d’exception

A bien y réfléchir tout était destiné à faire de ce film, le mythique nanar qu’il allait devenir. De fait, Mortal Kombat incarne en soi un cas exemplaire dans le genre illustrant à merveille tout ce que le cinéma commercial peut engendrer de pire lorsque l’appât du gain est la seule motivation guidant les cerveaux atrophiés de producteurs américains avides et inconscients de la dimension artistique du medium. En effet, dans une vieille tradition mercantile maintes fois reprise depuis, l’idée germa d’une adaptation du jeu de combats qui faisait fureur depuis 1992, celle de Mortal Kombat, ce jeu qui avait fait irruption sur la scène de la baston sur console avec deux avantages non négligeables par rapport à ses concurrents : une violence amorale à base de motion capture réaliste et une possibilité d’achever son adversaire de manière radicale (décapitation, explosion etc.…). Ainsi, loin d’un Street Fighter II ou d’un Fatal Fury, l’envie n’était pas de proposer une esthétique japonisante façon manga mais plutôt de permettre aux joueurs de s’identifier et d’explorer une veine vériste poussée à l’extrême.

Le succès fut foudroyant et l’exploitation de la franchise devint vite une très belle opportunité dont ne se priva pas New Line. Seul problème, comment tirer d’un jeu à succès une trame scénaristique susceptible de nourrir un script et plus encore un film de plus d’une heure. Qu’à cela ne tienne, la solution fut vite trouvée dans l’adaptation et le développement de la trame ridicule qui servait de« scénario» au jeu. Repris, densifié avec subtilité, les heureux initiateurs de l’ensemble aboutirent bientôt à une histoire proposant aux spectateurs de suivre une bande improbable de combattants lutter avec le mal pour défendre le monde…Convainquant, n’est-ce pas ?



Avec un tel récit à l’originalité si marquée, on avoisinait déjà les sommets atteints par les meilleures productions du genre. Et ce fut effectivement le cas puisque Mortal Kombat reste un mythe en matière de scénario impossible et d’invraisemblances improbables. On rappellera pour mémoire que le but du film était pour Rayden et ses comparses de remporter le tournoi qui donna son nom au film, tournoi durant lequel se jouait l’avenir du monde.


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