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Mother Of Tears : Dario Argento Nostalgique [page 3]

Par Florent Kretz - publié le 15 septembre 2008 à 04h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h23 - 0 commentaire(s)
Le réalisateur ne cessera jamais de se citer ou de se parodier -c’est selon- en faisant figurer au beau milieu de ce qui se voulait être une apothéose plusieurs reflets de son œuvre : de la longue visite de la demeure évoquant le même circuit que dans Profondo Rosso, à ce rapport incessant à l’Art qu’Argento pousse ici à bout, on retrouve toute la filmographie de l’Italien en croisant le regard de cette Terza Madre. D’autant plus que chacun semble s’activer pour faire revivre les fantômes d’un passé révolu comme ces apparitions tétanisantes des géniaux Udo Kier et Daria Nicolodi. Si Kier se fera éclipser trop rapidement, c’est sans conteste la présence de l’ex-femme d’Argento qui effrayera le plus dans le film : plus encore que ses apparitions ratées, c’est la présence même de l’héroïne de Shock de Bava qui terrifiera, son visage vieilli appelant une nostalgie maladive et désastreuse…



Passé les quelques minutes qui désespéreront toujours un peu plus, c’est bientôt le second degré qui l’emporte : pris comme une grosse blague, Mother of Tears sait se faire apprécier. Surtout que, chance inespérée, ce dernier film permet de réévaluer d’autres œuvres du cinéaste à la hausse ! Trauma regorge alors d’idées toute plus géniales les unes que les autres, The Card Player (2003) devient un thriller plutôt appétissant et même le Fantôme de l’Opéra se réaffirme gentiment. Ne restent alors à la Terza Madre que le parfum de bonnes initiatives délibérément païennes et anti-judéo-chrétiennes mais surtout une recherche esthétique à la saveur discrète.



Malgré tout le bien que l’on cherchera toujours un peu plus pour sauver le dernier méfait de notre maître, malgré toutes les références picturales que l’on pourra retrouver (Goya, Bosch et autres…), on finira toujours par regretter cette trahison à une des trilogies les plus belles, malheureusement abaissée par une prise de confiance déplacée à des lieux de l’humilité habituelle d’Argento.
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