Par - publié le 11 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 11 octobre 2009 à 23h23 - 0 commentaire(s)
Plus qu'un droit de réponse à notre critique sur Le Transporteur 3, nous avons offert à Olivier Mégaton un espace d'expression privilégié, histoire d'en savoir plus sur l'homme, ses envies et sa cinéphilie. Sans langue de bois et avec en point de mire une réalité de production que public et critique peinent à entrevoir, le cinéaste fait un état des lieux pertinent du septième art en France et à l'étranger. En toute modestie. En toute franchise.

Un regard ni acide, ni amer

Sans compter son travail sur les scènes d'action de Hitman, Le Transporteur 3 est le troisième long-métrage du réalisateur, après Exit en 1998 et La sirène rouge en 2002. Très discret dans les médias, Olivier Mégaton s'est fait tout seul et n'est pas en quête de reconnaissance : "Je ne suis pas présent dans des émissions. J’essaye simplement d’aider les gens à communiquer, c’est tout. J’ai toujours eu un rapport assez lointain avec la presse, ce n’est pas mon métier. Celui d’un journaliste, c’est de se substituer à ce que les gens vont pouvoir penser ou aimer. Chacun a ses problématiques. Mon regard n’est ni acide ni amer. 500 journalistes étaient inscrits pour la projection de presse du Transporteur 3. Quatre jours avant, tout a été annulé. Pourtant, toute l’équipe d’Europa était fière du film. Cela n’aurait pas occasionné plus ou moins d’entrées. Lorsque tu es fier d’un film et que des centaines de personnes ont travaillé dessus, c’est le minimum de reconnaissance".

Le réalisateur tient tout de même à rétablir certaines vérités, lui qui a suivit son dernier long-métrage de A à Z : "En général, je suis toute la post-prod du film. Au moment où le DVD est sorti, quelque chose m’a fait rire. J’ai lu « la sublime image de Giovanni Fiore Coltellacci ». Il a passé une semaine sur l’étalonnage. J’y suis resté deux mois. Les journalistes ne me connaissent pas. Je suis peintre. Ils ne savent pas que l’image est ma vie. Mon étalonneuse et moi bossions 18h par jour sur l’image. Je ne vais pas aller dire à toute la presse que Gianni n’a pas fait autant d’efforts que nous. C’est un ami et je suis heureux d’avoir pu travailler avec lui".

"La liberté et l’intégrité ne justifient pas de s’en prendre à moi personnellement".

Faisant référence à notre critique du film parue il y a quelques mois et reprise dans nos récents tests DVD / Blu-Ray, Olivier Mégaton avoue ne pas avoir compris ces attaques personnelles : "Je suis tombé sur votre critique et j’ai simplement trouvé qu’il y a avait un acharnement. Il n’y a aucun problème à ce que l’on parle du film mais qu’on dise que tout ce que je touche est pourri... Et ça dure pendant des pages ! Je me dis à un moment : quelle est la frustration qui pousse le rédacteur à réagir de la sorte ? La personne dit qu’il a préféré Le Transporteur 2. Il fait partie de 0,01% du public dans ce cas là, comme Christophe Gans. Même Louis Leterrier n’aime pas son film. Que le journaliste n’aime pas mon film, je m’en fous. Qu’il m’attaque de cette façon là, c’est à côté de la plaque. La liberté et l’intégrité ne justifient pas de s’en prendre à moi personnellement. Je veux bien qu’on me donne un cours de cinéma. Quand c’est David Lynch, je suis toute ouïe. Quand c’est un journaliste du net, j’aimerai avoir une explication. La Terre entière dit que le troisième épisode est meilleur que les deux autres. On a voulu simplement que Le Transporteur 3 ne ressemble pas au troisième opus d'autres licences. On ne fait pas des monuments. Mais les chiffres sont là pour prouver que nous avons fait un sacré boulot. Le film a fait plus de 110 millions de dollars dans le monde et on fait 20 millions de dollars de chiffre d’affaires sur les ventes DVD aux États-Unis. On ne s’est pas trompé".
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