Le Magicien d'Oz. A la seule évocation du chef d'œuvre intemporel de
Victor Fleming, nombre d'images, de souvenirs et de sons nous reviennent en mémoire. Qu'il s'agisse des musiques féériques, de la voix enchanteresse de
Judy Garland, des nombreux décors ou costumes colorés qui ont bercé notre enfance, tout est riche et vivifiant, et tout n'a d'égal que l'étonnante simplicité apparente du récit : Dorothy, une petite fille du Texas désireuse de voir le monde, est emportée dans une tornade avec son chien Toto, et atterrit dans le monde d'Oz, une contrée bardée de créatures étranges et extraordinaires. Accueillie en héroïne salvatrice puisque sa maison a écrasé une odieuse sorcière, elle devra suivre la route de briques jaunes afin d'atteindre la Cité d'Émeraude, demeure du magicien d'Oz, seul capable de la renvoyer chez elle. Récit initiatique s'il en est,
Le Magicien d'Oz verra Dorothy rencontrer sur son chemin divers compagnons qui, malgré leurs défauts autoproclamés (un épouvantail sans cervelle, un homme de fer sans cœur et un lion sans courage), l'aideront dans sa quête et lui permettront de trouver la solution à ses problèmes.

Sortie en 1939, cette nouvelle adaptation du livre original de l'écrivain Lyman Frank Baum (édité initialement en 1900 et déjà porté sur scène et sur les écrans une demie douzaine de fois) fait sensation, emportant deux oscars et captivant progressivement le monde entier. Évidemment, l'adulte érudit pourra toujours trouver maintes sources politiques à l’histoire puisque le parallèle entre le récit original et la lutte des classes de l'époque est toujours discuté. Quant à l'emploi de Dorothy par les personnages, il peut sembler discutable aux désabusés et moult chercheurs de petites bêtes de tous poils (la bonne sorcière Glinda qui se retrouve toute puissante au final). Mais le rêveur ayant conservé une âme d'enfant continuera de garder le métrage en plus haute estime. Il n'est ainsi pas étonnant de voir ici et là divers rappels, hommages et clins d'œil dans nombre d'éléments de la pop culture moderne. Dans
Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, le juge DeMort (
Christopher Lloyd) meurt en citant la méchante sorcière dans le texte alors qu'un sort similaire lui est réservé à l'issue du long-métrage. Dans
Star Wars, le personnage de Luke Skywalker (
Mark Hamill) peut être considéré comme une sorte de version masculine de Dorothy, trouvant sur sa route des droïdes sans cervelle (Z6PO), un mercenaire sans coeur (Han Solo) et un lion (Chewbacca, qui ne manque cela dit pas de courage), tous guidés par une version féminine du magicien qui leur donnera un raison d'être (la princesse Leïa), Obi-wan Kenobi étant bien évidemment le reflet de la fée qui lance l'aventure. On compte ainsi officiellement plus de 1500 œuvres foisonnantes citant les aventures de la fillette du Kansas, du Rocky Horror Picture Show à
Futurama en passant par
Annie Hall,
Flash Gordon, E.T. L'Extraterrestre (qui propose la même histoire à l'inverse, l'extraterrestre essayant de rentrer chez lui après un séjour dans un monde « normal »),
Tron,
BeetleJuice, Red Dwarf,
Star Trek,
Predator 2, Les Soprano,
Spy Kids,
Matrix et ses suites,
Van Helsing et Life on Mars, sans oublier la série carcérale Oz, dont beaucoup d'actions prennent place dans un secteur subtilement nommé Em City.