Par Nicolas Houguet - publié le 10 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 10 octobre 2009 à 17h26 - 0 commentaire(s)
On retrouve la marque de Paul Thomas Anderson : la fluidité de sa caméra virtuose, son regard qui s'attarde sur des visages qui peu à peu révèlent leurs mystères (ils sont souvent dans la pénombre). Enfin il y a cet art de la suggestion, cette manière de ne pas trop appuyer l'image, de la laisser étendre son emprise sur nos émotions. La narration atteint là une maturité profonde, inégalée. Les grands espaces sont filmés avec un lyrisme que l'on avait plus vu depuis La Porte du Paradis de Michael Cimino ou les Moissons du ciel de Terrence Malick... De ces moments de cinéma uniques qui vous laissent vibrants, avec la certitude de ne jamais retrouver leur équivalent, qui vous plongent dans une stupeur émerveillée, dans le choc d'une grande découverte.



On se souvient de There will be blood comme d'une grande oeuvre d'art, comme une parenthèse étrange, une symphonie de sensations qui touche à l'essentiel (le bien et le mal, la paternité, la richesse ou la pauvreté, l'amour et la haine). Des thèmes presque minéraux viennent illuminer l'écran. Peut-être Paul Thomas Anderson a-t-il réalisé là son plus grand film. D'autant plus grand qu'il est à contre courant, presque anachronique en regard de la production actuelle qui vise avant tout l'efficacité et la simplicité.



Mais s'il était un homme pour réaliser pareille oeuvre, c'était précisément lui. Il a toujours été plein d'assurance, ne se fiant qu'à lui-même pour livrer les films tels qu'il les a en tête, ne se souciant pas de savoir si ça se fait ou pas, si ça marche. Ce qu'il veut, c'est simplement rester méticuleusement fidèle à son inspiration, sans se compromettre, en imposant son indépendance souveraine. Et devant ce dernier chef d'oeuvre et les opus qui l'ont précédé, on ne peut que s'incliner devant la confiance que ce cinéaste intransigeant a toujours eu en sa vision. Son talent et sa maitrise ont quelque chose d'insolent.
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