Lorsque le film est enfin bouclé dans un second studio (celui de Burbank) et ce au bout d’à peine d’un an et demi de production, il est tout d’abord présenté en avant-première le 7 février 1940 au Center Theater de New York. Le succès est immédiat et la seconde avant-première deux jours plus tard à Los Angeles est un vrai succès. La merveilleuse aventure de Pinocchio sort donc aux Etats-Unis le 23 février 1940 et connaît une gloire critique et publique incroyable, les équipes Disney ayant amplement surpassé l’exploit de
Blanche Neige et les sept nains.
Malheureusement, l’actualité mondiale ne facilite pas la tache à un chef d’œuvre qui ne peut être exporté : l’Allemagne nazie tient l’Europe sous son joug et
Pinocchio doit se contenter du territoire américain. Il sort tout de même au Canada et obtient deux oscars en 1941 pour sa mythique chanson «
When you Wish Upon a Star » et l’ensemble de sa bande son mais cela ne suffit pas à Disney pour renflouer ses caisses. Il ressort donc dans la foulée
Blanche Neige et est obligé d’accepter une mission d’ordre culturelle et à tendance politique de dénonciation anti nazie en Amérique latine. De plus, Paolo Lorenzini, neveu du défunt Collodi, décide de porter plainte contre Walt Disney pour avoir détourné l’essence culturelle et fondamentalement italienne qui régnait dans l’œuvre originelle. Beaucoup de tracas donc pour une bande exceptionnelle qui trouve tout de même son succès bien mérité lors de sa diffusion en Europe, dans le courant 1946, grâce à la distribution faite par la RKO. A partir de ce moment, le métrage ne cessera de grandir en popularité, son exploitation se faisant en salle jusqu’en octobre 1985, mois durant lequel le Koweït découvrit
Pinocchio.
Une sortie tardive mais qui n’avait rien perdu de sa verve onirique puisque le film n’a en rien pris une ride. Que ce soit le formidable doublage de Jiminy par Roger Carel (second doublage) ou les délicieuses péripéties sur l’île des plaisirs, le terrifiant Stromboli ou l’épisode sous-marin,
Pinocchio est incontestablement l’un de ses métrages éternels qui sommeillent au fond de l’inconscient collectif. Un film dont on ne saurait se priver et que l’on ne pourra que trop vous conseiller de redécouvrir, pour votre plus grand plaisir.