Par - publié le 06 février 2008 à 06h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h51 - 0 commentaire(s)
Dans les années 60-70, les Grind House étaient des petits cinémas de quartier qui diffusaient toute la nuit des films d'exploitation (blaxploitation, sexploitation, kungfuxploitation, nunsploitation), certaines compagnies de productions allant jusqu’à faire des double films spécialement pour l’événement. A l’occasion de la sortie du Boulevard de la mort, première partie du diptyque signée Quentin Tarantino, retour sur une sélection de 100 films de sous culture qui convoquent l’esprit Grindhouse.


1990 : I guerrieri del Bronx – Les guerriers du Bronx (Enzo G. Castellari)
Selon le visionnaire Enzo Castellari, le Bronx s'apparente à une jungle en ruine où la loi du plus fort règne en maître. Dans Les guerriers du Bronx, une demoiselle a envie de se frotter aux durs du coin, lasse de Manhattan et des bouffons friqués. Confrontée aux mœurs locales peu accueillantes, elle tombe amoureuse d’un bad guy. Les cruelles lois de l’amour sont… cruelles: son papa plein de biftons engage une machine à tuer pour qu'il aille rechercher sa gamine disparue. Autant le dire illico: Enzo G. Castellari est adulé par tout adorateur de bis qui se respecte. Il est connu pour ses effets spéciaux kitsch et ses fioritures stylistiques bien particulières (le bonhomme a un penchant très prononcé pour le ralenti). Dans Les guerriers du Bronx, il ne s'en prive pas. Avec ce film post apocalyptique, Castellari reprend grosso modo la trame du Warriors de Walter Hill. L’exécrable interprétation de Mark Gregory en leader des rebelles aide à passer un bon moment. A ses côtés, Fred Williamson, habitué du genre, fait des étincelles. Signalons l’existence d’une suite (que nous n'avons pas vue) où les américains tentent de reconstruire un nouveau New York de ses cendres. Tout un programme.


Abby (William Girdler)
Connu sous le titre «Possess My Soul», Abby peut être vu comme une réponse de la blaxploitation à L’exorciste, de William Friedkin. Ici, une jeune nonne ayant le corps et l’esprit sous l’emprise d’un vilain pazuzu lubrique subit un exorcisme du genre sévère, épaulée par son entourage en plein dénuement. Ce précipité de William Girdler, réalisateur en vogue dans le cinéma américain des années 70 auquel on doit notamment le cultissime Grizzly, contient dans son casting William Marshall (Blacula) et la divine Carol Speed. A l’époque, il fit un tel tintamarre que la Warner traîna son auteur en justice, le considérant comme un vulgaire plagiat du chef-d’œuvre de Friedkin. L'anecdote est presque aussi drôle que le film.


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