Salutations les sauvages ! Nous nous retrouvons, encore une fois, pour notre rendez-vous hebdomadaire, rencard des amateurs de films qui décoiffent, qui ont du coffre et s’ils n’en ont point et qu’ils sont dans cette rubrique, c’est tout simplement parce qu’ils possèdent un atout de taille : ils ont été conçus avec passion ! La mise au point semble tout de même indispensable sur le véritable but de cette série de chroniques puisque, pour la petite histoire, lors d’une discussion hors contexte professionnel, on me faisait remarquer qu’un titre qui avait été traité dernièrement au sein même de Popcorn Reborn n’entretenait aucun lien avec le terme « popcorn »… Remarque judicieuse, me dis-je dans un élan courageux et désespéré d’écoute ! Car en effet, aucun lien ne joignait le petit chef d‘œuvre aux grains de maïs éclatés et caramélisés… La vraie raison, m’expliqua mon camarade agresseur, était que la petite bombe en question n’était pas si divertissante que ça, ou délirante ou attractive ou quelque soit le terme approprié qui lui convienne : elle ne convenait pas. Point ! Pourtant un film comme
Hurlements me semblait avoir tout à fait sa place parmi les autres métrages sélectionnés. Certes, il ne correspondait pas à cet esprit purement distrayant que l’on pourrait attribuer à des œuvres dites « popcorn », cependant la hargne débordante de Dante, sa personnalité, certains détails du film -et tant de choses encore- font au final que cette histoire de groupe de thérapie pour loups-garous possède, en plus de son statut incontestable de référence absolue en matière d’horreur, un esprit remarquable sentant bon la fougue du début des 80’s et en cela même elle incarne exactement le type de bijoux que votre serviteur aime tant représenter. Aussi, qu’importe si cette année
Buckaroo Banzaï croise la route des
Goonies, si
Jack Burton suit
Cherry 2000, que
Commando vienne fracasser
D.A.R.Y.L ou que les genres se mêlent sans pour autant qu’ils puissent être comparables… Le vrai intérêt de nos petites réunions est, comme beaucoup l’on déjà cerné depuis un bail, de tout simplement revenir sur des moments forts de nos vies de cinéphiles, de partager notre nostalgie d’un certain type de ciné, dont le but n’était pas de se mettre un maximum d’entrées dans les poches mais surtout de bien faire les choses et de se faire aimer et reconnaître pour ce qu’ils sont et ce malgré leurs faiblesses… Ce qui n’empêche que ces lignes sont suffisamment ouvertes et libres pour pouvoir accueillir des mastodontes commerciaux aux côtés de nos bonnes petites bisseries si séduisantes. Car souvent des budgets colossaux ont réussi à nous emmener vers des cieux imaginaires exceptionnels… Alors bon ! Se prendre la tête sur des aliments…! Il n’y a pas de doute : vous êtes dans Popcorn Reborn !

Bref, et vous l’aurez sans doute remarqué, le ton est à l’évasion que ce soit celle présente dans ce dossier ou celles procurées par les films que nous chérissons tant. Aujourd’hui cela risque d’être éprouvant de se concentrer pour la simple raison que le titre de cette semaine est tout bonnement monstrueux, l’un des 100 films de l’incommensurable (adj. : « que l’on ne peut commensurer ») dvdthèque de votre narrateur qui a le droit de passer dans le lecteur environ 2 à 3 fois dans l’année. Déjà, quelques uns s’esclaffent alors même que le titre du film n’a pas été cité mais sachez tout de même que ce que vous décriez est avant tout un film culte monstrueux pour des dizaines, que dis-je, des centaines de milliers de fans sur Terre… Même ce cher ami LeVern, lorsque j’évoquais dernièrement ce titre, se lança dans une éloge dithyrambique de la performance des deux comédiens principaux. Mon collègue adoré semblait, lui, véritablement conscient qu’il y avait eu un avant et surtout un après
Point Break ! Ça y est je l’ai dit ! Moi qui m’étais juré de rédiger le dossier en tentant de ne jamais citer le titre incroyable et tellement évoquant du film de la belle Bigelow, celle-là même dont l’apologie fut faite il y a quelques jours maintenant à l’occasion de
Aux frontières de l’aube et que nous vous invitons à aller relire si vous voulez avoir un peu de potins sur la demoiselle. Mission totalement ratée de ne jamais réellement nommer le film, étant donné que mon but ultime était de faire croire à ce cher et fidèle Megadeth que nous faisions en effet un retour vers
Blood Surf tout en parlant des aventures de Johnny Utah et de Bodhi. Cependant, ami lecteur amateur de la super mort, tu aurais pu être un tout petit peu dans le vrai puisque le film de Hickox, possédant aussi le titre de Krocodylus, a été produit par quelques agents financiers ayant collaboré sur le film de Sainte Kathryn. Ces derniers s’étaient précipités sur l’occasion de placer le titre du polar plein de surfers pour rameuter les foules… Car oui, aujourd’hui on va causer surf, plage, flingues, gonzesse, sandwich aux boulettes -Foux si tu nous lis-, et quand même un petit peu de cette folle de Bigelow qui prouve encore une fois grâce à quelques scènes d’action bien senties qu’elle en a là où il faut !
Ce sont les vacances, alors évitons d’être trop formels : oublions l’espace d’un film toute la petite histoire du tournage, de l’équipe et tout le toutim pour nous consacrer uniquement aux feelings (prononcez
filiiiiiingzeu!) et à tout ce qui se dégage de ce
Point Break qui, pour l’avoir revu pour l’occasion, reste une histoire extraordinaire, racontée par une conteuse exceptionnelle et qui a connu un succès d’estime et commercial certain mais qui est, avant tout, bien trop catalogué comme étant un film au choix : de minettes, de branleurs, de beaufs… Ce qui en gros insiste sur le fait qu’il est incroyablement desservi par une réputation mensongère. Voyez vous-même : présentant le joyau à ma compagne et la laissant découvrir d’elle-même cette passionnante enquête policière, elle se tourna vers moi, ses petits yeux larmoyants extraordinairement humectés, et me dit sur un ton fragile mais assuré « C’était trop bien, mais je pensais que c’était pour les nazes » suivi d’un « Oh ! Putain » de toute beauté ! Car autant le reconnaître d’emblée, l’expression qui résume au mieux
Point Break est cet assemblement de deux mots plus ou moins correctes qui soudain incarnent toute la complexité que Bigelow nous offre au travers de ces presque deux heures d’action non stop qui vont jusqu’à l’extrême limite. Ce serait donc pour ça que le film se nomme
Point Break: Extrême Limite en France ? Toujours est-il qu’il est sûr qu’il se paye une réputation relativement modeste voire mauvaise pour quelques détracteurs, eux mêmes qui étant récompensés de leur bêtise incroyable par un célèbre porteur de t-shirt yellow qui finalement ne fit que plomber l’une de plus belles choses du film originel ; pour les deux du fond qui ne voient pas le tableau, je préciserai donc que le terme yellow est associé à un dénommé Brice de Nice qui, soi-disant fan de Bodhi, ne va faire qu’enfoncer le mythique
Point Break un peu plus dans le sable. Peut-être entendra-t-on un jour que l’équipe de Huth et de Dujardin était dans une démarche ultra respectueuse du personnage de Swayze mais assez bizarrement, il faut reconnaître que lorsque c’est Wright qui cite le quatrième film de Bigelow, dans son
Hot Fuzz, un plan mythique montrant Keanu Reeves tirant vers le ciel en se roulant par terre avec une expression genre « je pousse bien fort dans mon slip ». Certes on se marre mais surtout on se dit que la scène du film de Bigelow est tout simplement incroyable.