Par Florent Kretz - publié le 16 mai 2008 à 11h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h57 - 0 commentaire(s)
Kershner s’attèlera donc à la tache tentant de réduire au possible toute effusion de sang qui le dégoûte, tandis que Verhoeven en voulait toujours plus sur le premier épisode. Mais hélas pour le réalisateur, nous sommes à la bonne époque des 80’s pendant laquelle quand un pauvre type se bouffe une bastos, son plastron plein de purée de tomate et de ketchup éclate et en fout partout! Robocop 2 connaît donc son lot de dos éclaté, de poitrine perforée et de tripailles sanglantes; et assez ironiquement, le brave Irvin aura même le droit de filmer la découpe d’un crâne ainsi que les détails d’une colonne vertébrale, cervelle et tête évidée! Du pur bonheur pour le quelques amateurs! Surtout quand c’est fait avec une petite blague derrière: "Vous savez que ça me file la dalle? "… L’ensemble part donc dans tous les sens et n’a finalement plus aucune réelle structure, emmenant le spectateur là ou celui-ci fantasmerait d’aller s’il n’avait pas le droit; toutes ces idées un peu bête qui nous frôlerait l’esprit mais que nous n’oserions exprimer par peur d’être aussitôt réprimer, Robocop 2 le fait! Aussi quand ce sacré Cain, se pique avec sa propre came et perd un peu de notre sympathie malgré l’interprétation du toujours monstrueux Tom Noonan - dont nous avons parlé la semaine dernière pour Monster Squad puisqu’il interprétait la créature de Frankenstein avec une grâce incroyable - et que l’on se dit qu’il serait un peu plus amusant qu’il se frappe lui aussi au lieu de laisser ses sbires le faire à sa place, aussitôt et comme si on nous avait entendu le voici tué et transformé en nouveau Robocop toujours accro à sa dope et qui n’hésite pas à chopper son ancienne gonzesse pour lui écraser la face dans une pince qui quelques minutes avant la faisait frétiller gentiment! Et comme c’est le parfait Peter Weller (Léviathan en 1989, Buckaroo Banzaï, le très bon Planète hurlante en 1995) qui reprend son rôle pour lui coller un raclée que demande le peuple? Car Weller est de ces acteurs qui ont su s’emparer d’un rôle et qui seront a tout jamais les seuls capables de leur insuffler la vie, à l’instar de Schwarzenegger avec le Terminator : autant le personnage de Conan peut être repris, mais imaginer 15 secondes que quelques d’autres le remplace en tant T500... Ou qu’un jour, un nouveau Snake Plissken débarque sans être interprété par Russel… Robocop c’est Weller et Robert Burke qui reprenait le rôle dans Robocop 3 n’est qu’un type déguisé en Robocop! Et ce n’est pas le toujours très beau costume de Rob Bottin qui fera que l’interprète pourra se permettre de devenir Alex Murphy…


Un programme ultra fun donc; ultra con aussi! Mais on est là pour ça! Et de toute façon, la conserve revient pour ça! L’ensemble est une sorte de farce géante dans laquelle tout le monde semble s’éclater: les flics font toujours grève mais il ne leurs faut pas grand-chose pour qu’ils reprennent aussitôt les matraques et leurs guns et ainsi défoncer les dealers! Les putes font les lois sur le trottoir et détroussent les pauvres types qui viennent d’agresser les vieilles. Les conseillers de l’OCP sont toujours aussi bourgeois et stupides persuadés que tout va bien à l’extérieur puisqu’ils ont investit 73 millions de $ dans la défense! Il y a toujours des psys un peu foireuses très opportunistes et prêtes à tout (même se taper le vieux Jones tout ridé) pour essayer de nouvelles armes dans la rue… tout est vraiment fait pour faire plaisir un peu à l’image d’un Doomsday d’origine (1989) qui ne pensait qu’à une chose : aller le plus loin possible! Et quand les quotas de morts dans le film ont atteint le chiffre fatidique (58 cadavres!), il suffit de faire se frapper ensemble les deux robots, l’un avec de la Stop motion ultra kitsch et l’autre avec sa magnifique armure qui avec l’éclairage voulu par Kershner semble être du plastique alors qu’il s’agissait très clairement de métal dans le premier! Quand au final d’anthologie, il est absolument incroyable tant il rappelle les meilleurs épisodes de Tex Avery et plus spécialement le cultisme Red Hot Riding Hood, les deux cyborgs déboulonner dans les couloirs, traversants les murs, se frappant la tronche avec des bruitages exceptionnels de cartoons, explosant le toit et passant devant le ciel lunaire avant de disparaître dans le vide en criant, bruit de chute à la Bip Bip et le Coyote compris! Et ces publicités déjà présentes dans le premier volet et qui nous décrivent un avenir complètement incohérent et plutôt flippant! A noter que le film s’ouvre sur un fabuleux spot publicitaire anti-vol de voiture interprété par ce génial John Lover (Le milliardaire mégalo Daniel Clamp dans Gremlins 2 de Joe Dante, L’antre de la Folie de Big John et qui semble avoir enfin trouvé un vrai rôle de ce nom en interprétant le père Luthor dans Smallville)… Un très très grand moment qui pose encore une fois ce Robocop II comme une référence absolu par rapport à un cinéma qui avait des corones (vous avez déja vu un gars arréter une moteau en marche avec une main dans la roue?) et qui n’avait pas peur de grand-chose finalement! Même pas de dénaturer leur héros! Et malgré le fait que le film s’oppose radicalement au premier volet par un second degré absurde quasiment absent du film de Verhoeven, il s’impose malgré tout comme une suite exemplaire possédant son esprit sans jamais dénaturer son propos ni faire pâtir la série. Seul petit haut le cœur, l’absence de la musique fabuleuse de Basil Poledouris qui se place vraiment comme vrai manque dans le métrage… Mais bon! On excusera cet oubli volontiers, surtout que ce brave Leonard Rosenman s’applique un minimum pour rester dans les mêmes tonalités! Allez! Replongez vous dans cet authentique Popcorn Movie ultra couillu et si vous le connaissez déjà par cœur procurez vous le premier tome du comics qui tient son pitch du scénario qu’avait proposé Miller aux producteurs à l’origine. Et puis rejetez un petit regard objectif aussi pendant que vous y êtes sur ce fameux Robocop 3 de Fred Decker (voir Popcorn Reborn spécial Monster Squad), qui si on y réfléchit un peu n’est pas si épouvantable que cela, et qui, malgré quelques incohérences impardonnables, connaît une certaine logique… Passez une très bonne semaine! Suivez le festival si ça vous chante: moi, je vous recherche une perle bien décérébrée pour continuer à contrebalancer! Et n’oubliez pas vos directives prioritaires…!

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