Tout ce petit monde se frappe donc gentiment sur les partitions phénoménales de James Horner qui avait déjà une discographie monstrueuse (
48Hrs,
Krull,
Commando,
Aliens,
Le nom de la rose…) mais avait surtout déjà participé aux travaux du duo puisqu’il s’était attelé à
Cocoon d’Howard en 1985 et à
Captain EO réalisé par Coppola mais écrit par Lucas (je me répète pour ceux qui sautent des pages !). Nous n’allons pas revenir sur ce que composera par la suite Horner tant les titres de ses compositions pullulent dans nos collections mais insistons tout de même sur le fait que son travail sur
Willow est considérable et qu’il frôle presque la perfection. Assumant pleinement le fait d’avoir plagié quelques notes du Requiem de Mozart, il proposera une dimension réellement classique à sa partition, livrant comme commandés des thèmes pour chaque personnage mais les imbriquant les uns dans les autres pour offrir des pistes d’une richesse rare. Quiconque aura vu le phénoménal
Willow sera sans doute hanté à vie par les notes éblouissantes du père Horner, à des lieues plus réjouissantes et plus pertinentes que celles de
Titanic ou de Troy, qui offrira tout de même des chefs d’œuvres à l’instar du score d’
Apocalypto du maître incontesté et incontestable Gibson.
Difficile de clôturer cette remise en avant sans évoquer le rôle cruciale qu’eut le métrage dans le domaine des effets spéciaux. Bien sûr, on pourrait, dans cette oeuvre, tout considérer comme une épreuve de force : du tournage durant plusieurs mois en Angleterre, au Pays de Galles, en Nouvelle Zélande ou encore aux Etats-Unis, des conditions difficiles -vent, neiges, pluie…-, aux costumes et accessoires d’une précision et surtout d’une beauté rarement égalée. Cependant c’est le travail accompli dans le domaine du morphing qui reste le plus impressionnant même si, aujourd’hui, tout cela n’est pas toujours très appréciable à cause d’une utilisation trop fréquente par la suite. De même que les effets de Phil Tippet ont hélas eu du mal à vieillir à l’instar de quelques uns de ses autres boulots comme
Robocop (le modèle ED-209) par exemple dans lequel son animation fait un peu défaut comparé au génie de Rob Bottin au maquillage. Toujours est-il que ce sont aussi parfois les maladresses qui offrent aux œuvres géniales leur place unique dans nos cœurs et pour rien au monde votre serviteur n’échangerait une marionnette foireuse de dragon à double tête (construite d’après le visage du frère d’Howard) dans la pure tradition de l’animation de Ray Harryhausen (
Simbad et autres…) contre une animation plus réussie ! Rien à faire que les apparitions des Brownies (dont Kevin Pollack) soient parfois un peu en décalage faute à un étalonnage différent entre les pellicules…
Willow, c’est
Willow et gageons qu’une armée entière de Daïkinis serait prête à aller dessouder qui il faut si on osait toucher ne serait-ce qu’à une mèche rousse de notre bébé. Tiens puisque l’on cause puériculture, rappelons à quel point les deux petites jumelles Ruth et Kate Greenfield sont belles et ultra expressives pour leur âge microbique. Enfin et pour conclure, signalons que pour tous ceux qui auraient toujours fantasmé une suite improbable, elle existe bel et bien mais sous forme de romans ! Une trilogie a en effet vu le jour sous la plume de Chris Claremont et d’après ce bon George, et ce sous le titre
The Chronicles of the Shadow War.
La semaine prochaine, un grand film de n’importe quoi ! Une œuvre culte mais absolument pas assumée par pas mal de monde… Vous aurez la surprise ! D’ici là, sortez vos disques de Berlin et profitez d’un week end pour redécouvrir
Willow qui parions-le, aura beaucoup mieux vieilli en vingt ans que la tout de même excellente trilogie numérique de Peter Jackson dans le même laps de temps… Et lorsque l’on voit que même Nispel dans son pourtant courageux
Pathfinder n’arrive pas à faire le poids avec la course de luge de
Willow, on se dit que le film d’Howard porte bien son statut de chef d’œuvre… N’est-ce pas les Pecks ?