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Portrait: Jeong Du-hong (city Of Violence) [page 2]

Par Elodie Leroy - publié le 21 mai 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h38 - 0 commentaire(s)

Yu Ji-Tae et Jeong Du-Hong dans NATURAL CITY

Travailleur infatigable, il passe rapidement du simple métier de cascadeur à celui de coordinateur des cascades, ce qui lui vaut de voir son nom associé à la plupart des incursions coréennes dans le genre de l'action. La chance lui sourit avec le succès retentissant de Shiri, thriller d'action à travers lequel le cinéaste Kang Je-Gyu impose de nouveaux standards à toute l'industrie. La suite, on la connaît : en quelques années, Jeong Du-Hong s'impose comme l'une des figures majeures de Chungmuro. Les chefs de file de la nouvelle vague ne peuvent plus se passer de lui : de Kim Jee-Woon (Foul King, A Bittersweet Life) à Kang Woo-Suk (Public Ennemy), en passant par Kim Sung-Su (Musa, La Princesse Du Désert) ou Kwak Kyung-Taek (Champion), tous font appel à ses services, pour les affrontements martiaux comme pour les scènes d'action pure. Tandis que la Seoul Action School offre à ses apprentis un entraînement gratuit, Jeong utilise aussi sa crédibilité pour sensibiliser réalisateurs et producteurs aux contraintes de sécurité liées au métier.


CITY OF VIOLENCE

S'il est une caractéristique déroutante dans la carrière de Jeong Du-Hong, c'est l'extrême variété des styles d'action qu'il explore, toujours avec la même virtuosité. Non content d'être un artiste martial émérite, de coordonner et d'effectuer lui-même des cascades en tout genre (voir le making of de Tube qui le montre accomplir une impressionnante cascade en voiture), il semble posséder un éclectisme inégalable en termes d'arts martiaux mais aussi une capacité à s'adapter à n'importe quel l'univers. Au point qu'il paraît difficile, au premier abord, de déterminer la spécialité de Jeong Du-Hong, l'essence de son style. En effet, comment cerner un chorégraphe qui excelle tout autant dans les joutes martiales traditionnelles (Fighter In The Wind) que dans les gunfights (Shiri, A Bittersweet Life) ou les combats au sabre (Musa, City Of Violence) ? Difficile aussi de cataloguer un directeur d'action qui s'adapte à l'univers de la fantasy (Arahan, The Restless), comme à celui de la science-fiction pure (Natural City), tout en faisant par ailleurs deux incursions réussies dans le genre du film de guerre (Frères de Sang, Silmido).


Jeong Du-Hong dans FIGHTER IN THE WIND

A y bien regarder, si les chorégraphies épiques de Musa, La Princesse du Désert (Kim Sung-Su) et de The Restless (Cho Dong-Ho) brillent par quelques moments de bravoure, c'est surtout dans le registre contemporain que Jeong Du-Hong fait des étincelles. De par son goût prononcé pour les séquences d'action réalistes et terre-à-terre, le chorégraphe se montre particulièrement doué pour les déchaînements de violence viscérale voire trash à la No Blood No Tears (Ryu Seung-Wan) ou à la Public Ennemy (Kang Woo-Suk). Ne cherchant jamais à imiter ses homologues chinois, Jeong opte bien souvent pour un style d'action sec, sans fioriture, dépourvu de tentative d'esthétiser la violence. Outre la présence de cascades très douloureuses pour les exécutants, et cela dès Born To Kill en 1996, on remarque que les combats signés Jeong Du-Hong se montrent plutôt avares de ralentis ou autres artifices de montage. La rapidité et la précision d'exécution, de sa part comme de celle des acteurs qu'il entraîne, s'allient à une excellente gestion de l'espace et à un réel sens du rythme, dans les scènes de duel (Crying Fist) comme dans les bagarres collectives (Born To Kill, A Bittersweet Life, City Of Violence).


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