1. >
  2. >
  3. >
  4. >Portrait Vittorio Gassman + Test Les Nouveaux Monstres [page 2]

Portrait Vittorio Gassman + Test Les Nouveaux Monstres [page 2]

Par Sabrina Piazzi - publié le 30 avril 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h36 - 0 commentaire(s)
En 1949, il partage l’affiche du film de Giuseppe De Santis Riz amer, avec Silvana Mangano (la mère dans Théorème de Pasolini, et la mère de Tadzio dans Mort à Venise), un drame se déroulant dans l’Italie de l’après-guerre, brossant le portrait d’ouvrières travaillant dans les rizières de la vallée du Po’. Un film proche de la pensée néoréaliste. Brièvement marié à l’actrice américaine Shelley Winters, Vittorio Gassman, bien qu’on l’oublie souvent, fera une courte incursion dans le cinéma hollywoodien : il jouera aux côtés d’Elizabeth Taylor, et apparaitra entre autres dans Guerre et paix de King Vidor. De retour dans son pays natal, Gassman explose littéralement avec Le Pigeon (1958) de Mario Monicelli, qui marque d’une pierre blanche le début de la comédie à l’italienne, ce courant cinématographique porté sur la satire des mœurs de la petite et moyenne bourgeoisie, surtout prolifique dans les années 50 et 60. Particulièrement fidèle dans le travail, Gassman travaillera fréquemment avec les grandes figures de la comédie à l’italienne, les réalisateurs Dino Risi, Mario Monicelli, Alberto Lattuada, Ettore Scola, et ses frères de cinéma, les acteurs Ugo Tognazzi, Marcello Mastroianni, Nino Manfredi, Alberto Sordi, pour ne citer que les principaux.


Fréquemment employé pour jouer les rôles de traîtres, sournois, lâches et faux-jetons, Vittorio Gassman s’amuse à nous divertir. Dans la trilogie de films à sketches Les Monstres (1963) par exemple, où la palette de personnages composites qu’il incarne est impressionnante. Dans Le Fanfaron (1962) également, l’un des films manifeste de la comédie à l’italienne, où il interprète un incorrigible dragueur qui entraîne avec lui un timide étudiant (Jean-Louis Trintignant) à travers les routes du centre de l’Italie. Tantôt comiques, tantôt mélancoliques, les films s’enchaînent à une allure incroyable. Dans les années 60, Gassman tourne un à deux films par an et profite de ce regain de créativité et d’imagination dont font preuve les « acteurs » de la comédie à l’italienne.

Durant la décennie suivante, son activité ne faiblit pas et Gassman est toujours autant demandé. La profession lui témoigne tout son amour et son admiration en lui descernant le Prix d’interprétation à Cannes en 1975 pour Parfum de femme de Dino Risi (il existe un remake américain, Le Temps d’un weekend, 1992, qui a également porté bonheur à Al Pacino, qui, en reprenant le rôle de Gassman, a remporté son unique Oscar à ce jour) et le David di Donatello en Italie. L’année 74 marque la sortie de Nous nous sommes tant aimés, le chef d’œuvre d’Ettore Scola et véritable hymne à l’amitié masculine. Trois partisans anti-nazis se rencontrent durant la seconde guerre : malgré l’affection qui les unit, la vie les mène à suivre des chemins différents. Ils se retrouveront plusieurs années plus tard et chacun fera le bilan de sa vie, avec les illusions et les désenchantements qu’elle comporte.



logAudience