Parlons un peu de votre prochain film…J’avais pris beaucoup de plaisir à tourner les quelques scènes d’action de
Pour elle et cette fois-ci, je vais faire un film qui ressemblera à la dernière demi-heure de
Pour elle mais sur 1h30. Une vraie course-poursuite quoi, un film qui démarre vite et qui s’arrête jamais. Du coup, avec Guillaume, on a écrit une histoire qui se passe en 24 heures et où ça court parce que ça doit courir. Ça s’appelle
A bout portant. Cette fois-ci, j’annonce la couleur dès le titre ! (
rires) Le héros est assez proche de celui de
Pour elle, dans le sens où c’est encore un monsieur-tout-le-monde qui, plongé dans une situation qui lui est inconnue, va devoir se dépasser. En fait, c’est quelqu’un d’assez normal, issu d’un milieu populaire, il est aide-soignant de nuit dans un hôpital, où il surveille les malades. Et en pleine nuit, des types débarquent pour buter un malade mystérieux, un gars qui est appelé « X » sur les documents hospitaliers. Le héros parvient à contrarier les plans des tueurs et à empêcher l’assassinat de « X ». Quand il rentre chez lui, il est assommé et lorsqu’il revient à lui, sa femme et son gamin ont disparu. Il reçoit alors un coup de fil et à l’autre bout de la ligne, un type lui dit : « Le gars que tu as sauvé cette nuit, dans trois heures, il est dehors avec toi, sinon tu revois plus jamais ta femme et ton gamin. ». Du coup, il fait sortir le type de l’hôpital et, une fois qu’ils sont dehors, les problèmes commencent…
Ne racontez pas tout quand même !Ah non, mais ça c’est juste le début du film. Encore une fois, c’est une course-poursuite donc là, je n’ai fait que raconter l’incident déclencheur.
On peut compter sur la présence d’une partie de l’équipe de Pour elle ?Bien sûr, j’aimerais reprendre certains comédiens, je vais à nouveau travailler avec Guillaume au scénario et puis, normalement, Klaus Badelt sera également là pour composer la musique. Mais cette fois-ci, contrairement à ce qui s’est passé sur le film précédent, il aura beaucoup de temps, je vais même pouvoir lui envoyer le scénario avant le tournage. Là, je suis comme un fou, on tourne en décembre et j’ai vraiment hâte de me jeter là-dedans. Ça va être un vrai thriller urbain, dans Paris, avec pas mal de scènes d’action. Et même si ça restera de l’action à dimension humaine, il y aura un ou deux gros morceaux, comme une poursuite dans le métro.
Hollywood va faire un remake de Pour elle, écrit, produit et réalisé par Paul Haggis. Ils vous ont proposé de le réaliser à un moment ?Non, et franchement, je ne crois pas que je m’en serais senti capable. Je ne connais pas bien les Etats-Unis et
Pour elle est un film que j’ai imaginé et conçu selon ma propre expérience. Après, à partir du moment où un réalisateur oscarisé comme Paul Haggis est entré dans le projet, la question ne se posait plus. Il a vu le film en janvier, soit un mois après sa sortie en France, et il a tout de suite adoré. Il s’est même mis à écrire le scénario avant d’avoir les droits du film. Plusieurs studios voulaient faire le remake mais Haggis a finalement décroché le pompon quand il a proposé à Fidélité, qui avait produit
Pour elle, de coproduire le remake. Ils ont appelé le film
The Last Three Days, soit le titre du premier carton qui apparaît dans mon film, et c’est marrant parce que c’est un titre auquel j’ai pensé à un moment.
J’imagine que vous avez quand même reçu des propositions hollywoodiennes…Evidemment. J’ai rencontré, notamment à Cannes, pas mal de mecs qui m’ont tendu la perche. Des gros producteurs qui me disaient qu’ils voulaient lire le scénario de mon prochain film avant son tournage, pour voir s’il y avait déjà une possibilité de remake. Certains sont même allés plus loin, me disant que je faisais un cinéma qui était adaptable aux Etats-Unis et que plutôt de faire des films français qui allaient être refaits aux Etats-Unis, il valait mieux que je vienne les faire directement aux Etats-Unis. Vu comme ça, c’est super tentant, mais après, il y a une réalité qui me fait un peu peur. Il faudrait m’expatrier, être confronté à un système beaucoup plus imposant et complexe, peut-être perdre la liberté que j’ai ici… Après, je ne me ferme pas cette porte. Avec Guillaume, on a déjà d’autres projets qu’on aimerait faire, et vu que ce sont quasiment toujours des histoires universelles, ça serait tentant de toucher le monde entier grâce au système américain, mais bon, on verra bien. J’ai même une histoire qui se passe en France mais avec un personnage américain. Ça serait l’occasion de faire venir ici un comédien américain et peut-être de faire une coproduction. Faut voir…
Propos recueillis par Arnaud Bordas