Par Florent Kretz - 03 septembre 2008 - 0 commentaire(s)
"On a déjà tout dit sur ce film. Ce que j’ai juste envie de rappeler, c’est qu’il a été fait dans un immense bordel. A la base, ce devait être une série B et au final un réalisateur comme John McTiernan débarque et transforme le caca en or. Le tournage a pris un tel retard que Schwarzy s’est barré pour faire un autre film. Il reste quinze minutes avec Arnold censé être dans tous les plans. D’ailleurs, quand on regarde le film attentivement plan par plan, on se rend compte que sur deux plans sur trois, il ne s’agit pas d’Arnold mais d’une doublure pas raccord qui est moins large que l’acteur, qu’il manque des plans (des photos remplacent carrémrnt certains plans) et tout ça est transcendé. C’est un monument mythologique que personne de ma génération n’a oublié."

Pascal Laugier

Personnage mythique et fascinant de la science fiction des glorieuses 80’s, le Predator eut les joies d’une consécration quasi immédiate qui lui offrit l’immense chance de bénéficier d’une véritable franchise. Mieux que ça encore, on lui donna la possibilité d’agrandir de manière assez conséquente son tableau de chasse. Retour sur ce monstre légendaire aux frontières de la terreur et de l’émerveillement qui perdit petit à petit de son aura.



L’espace semblait être réservé depuis quelques années à des bébêtes peu ragoûtantes aux tendances fâcheusement carnassières nées de l’imagination scénaristique de Dan O’bannon et Ronald Shusett, et des délires fertiles et perturbants de Giger. Impossible à partir de cette fameuse année 1979 d’imaginer un voyage sidéral, quand bien même l’absolu inconnu était jusqu’alors le terrain le plus propice à la communion avec un monolithe. Alien sera le détonateur, le catalyseur d’une toute nouvelle forme de peur. Terreur viscérale à la limite de l’infection biologique, la créature ne cessera de terroriser le spectateur de par sa reproduction et ses mœurs si particulières. D’ailleurs si ce n’est pas l’incubation d’un parasite, c’était forcément sa première apparition « éclaboussante » qui amenait le public vers une forme d’hystérie secrète. Et c’est sans parler de l’épisode suivant dans lequel Cameron se chargera personnellement d’enfoncer un peu plus le clou pour en faire la menace la plus terrifiante de la conquête stellaire. Enfin… jusqu’en 1987, année durant laquelle la donne change sacrément, l’apparition du Predator n’étant pas pour arranger nos affaires !

Le plus terrible avec cette ordure finie qu’est le Predator est qu’il est difficile d’en parler sans évoquer l’existence des autres monstres avec qui il entretient une relation pour le peu particulière. Mais revenons à notre chasseur. Car oui, le Predator qui porte définitivement bien son nom fait bel et bien partie de cette race d’une planète lointaine qui raffole des safaris terrestres et des massacres sans concessions ! Né des méandres neuronaux de deux frères, Jim et John Thomas, il fera sa première apparition dans le chef d’œuvre de McTiernan, monument de bravoure pour ce qui est de la mise en scène et de l’action. Le film, ayant pour vedettes les fabuleuses icones du ciné pop-corn des années 80, Schwarzy et Carl Weathers, semble en effet incroyablement hors du temps, les défauts minimes venant se mêler à la perfection de l’ensemble. Cultissime pour tout ce qu’elle entreprend dans ses recours scénaristiques ou de mise en scène, l’œuvre qui connaît une description dithyrambique amplement méritée s’imposera dès sa première projection comme une alternative radicale et décisive face aux saloperies que représentent les Aliens.



Le secret de son prestige se trouve sans doute dans la manière d’amener le spectateur à le rencontrer pour la première fois : il en faudra de la patience pour découvrir à quoi ressemble le boucanier terrible. Jouant habilement avec toutes les possibilités que lui offre le décor de la forêt tropicale dans laquelle se déroule l’intrigue produite par la 20th Century Fox, McTiernan s’atèle à la lourde tache de nous rendre l’atmosphère claustrophobe, tirant profit de la réduction de sa profondeur de champ durant l’ensemble du métrage. Tandis que le chasseur commence à abattre ses proies une à une et ce dans une efficacité radicalement sidérante, le réalisateur nous joue la carte de la discrétion maladive à la limite de l’absence pour mieux faire monter le degré de surprise. Surprise qui existe, du reste, grâce à son casting impressionnant de gros bras qui ne le sont pas moins (impressionnants) et dont l’évidente invincibilité en début de métrage renforce un peu plus la dimension titanesque de la bête tenue secrète lors de ses quelques actions furtives.


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