Hollywood, l’excentrique, la fabuleuse, la lumineuse mais surtout la mégalo... S’il y a bien une chose que la capitale mondiale du cinéma aime, c’est qu’on parle d’elle. En bien ou en mal, cela n’a aucune espèce d’importance, ce qui compte c’est que cette industrie continue sans relâche à produire du rêve et du fantasme pour les spectateurs du monde entier et que ça se sache. Et ce ne sont pas quelques cinéastes désireux d’entacher la superbe Hollywood qui vont inverser la tendance... Car les tentatives de lever le voile sur ses coulisses ont été nombreuses dans le cinéma américain mais le résultat, souvent décévant, n’a jamais pu réellement montrer le vrai visage d’Hollywood : un enfer où tous les coups bas sont permis et où l’argent est Roi ! Dans cette Divine comédie des temps modernes, il y a les innocents et les coupables, ceux qui se trouvent entre les deux et ceux qui préfèrent fuir le système. Et dans cet imbroglio spectaculaire, véritable machine créatrice écrasant toutes les autres industries cinématographiques, la mise en abîme est souvent dangereuse et risquée. “Between Hell and Heaven, there’s always Hollywood” nous disait l’affiche de
Barton Fink...
LA FOLIE DES GRANDEURSLes débuts d’Hollywood sont marqués par l’inventivité incroyable de ses pionniers et si la cité évoque aujourd’hui une gigantesque plateforme industrielle, elle fut avant tout un lieu de communion plus ou moins parfaite entre les immigrés débarquant sur les terres du nouveau monde. En effet, au début du siècle dernier, le cinéma naissant réclame une main d’oeuvre à bas prix que les étrangers, les Italiens notamment, vont fournir... Dans le film des frères Taviani,
Good Morning Babylonia, nous pouvons ainsi suivre le parcours de deux frères artisans menuisiers dans cette euphorie naissante qu’engendre la création constante à Hollywood. Les gens se retrouvent autour de projets prometteurs, on assiste au commencement d’un nouvel art de la fiction tel qu’on le connaît aujourd’hui et au seuil de ce qui deviendra l’industrie du rêve, le film célèbre cette communauté de pionniers dont la principale ambition est de faire du cinéma un art majeur. Charles Chaplin fait partie de ceux-là et en 1914, lorsqu’il commence à mettre en scène ses propres films, le succès est fulgurant et fait décoller, avec les films de D.W. Griffith, la réputation d’Hollywood. Dans le film de Richard Attenborough,
Chaplin, on assiste à cette folie des grandeurs et à l’envol d’un cinéaste et comédien au génie incommensurable mais on peut néanmoins commencer à percevoir cette tendance à mettre une énorme pression sur les artistes, afin notamment de répondre à des demandes commerciales et entrer dans les plannings de travail...
Les producteurs Hollywoodiens, qui commencent à établir leur pouvoir, n’ont cependant pas encore toute l’autorité et quelques projets incongrus voient cependant le jour dans les années 1930. C’est le cas du gigantesque film d’Howard Hughes,
Hell’s Angels, dont on peut suivre le douloureux processus de fabrication dans
Aviator de
Martin Scorsese. Si le cinéaste américain fait passer Hughues pour un génie du cinéma pour les besoins de son film, il en était bien loin mais symbolise cependant toute la démesure possible dans ce nouvel art cinématographique et ce dont était capable cette machine infernale... Les années 1930 correspondent également au début du star-system avec le passage du muet au parlant. Les comédiens sont désormais adulés par le public et lorsque
Gene Kelly et Stanley Donen racontent cette période de transition dans le sublime
Chantons sous la pluie, ils expliquent assez intelligemment tous les problèmes que les producteurs ont rencontré à ce moment-là avec les nouvelles réclamations des comédiens mais aussi la naissance d’un genre inexistant : la comédie musicale... Et ce fut la même rengaine avec le passage à la couleur en 1935 avec
Becky Sharp, premier film en Technicolor. Les acteurs et actrices se font de plus en plus exigeants, les comédiens et quelques réalisateurs connaissent leur poid au box-office et les studios commencent alors à se payer des stars exclusives, tout comme des metteurs en scène, des directeurs photo, etc... De véritables écuries se créent au sein des studios Universal, First National Pictures, Warner Bros, MGM, Paramount ou RKO qui ont tous leur domaine de prédilection. En effet, les majors, comme on les appelle, s’établissent en général dans un genre dans lequel elles sont les meilleures... Paramount est plutôt spécialisé dans la comédie avec des acteurs comme Gary Cooper, Bob Hope ou les Marx Brothers. Warner exploite le filon de la comédie musicale puis les films de gangster... Tout comme RKO. MGM, énorme studio à l’époque, est à l’origine des plus grosses productions comme
Autant en emporte le vent,
Tarzan ou Le Magicien d’Oz. Universal se positionne plutôt dans les films de genre comme le cinéma d’aventure...