Voilà près de 10 ans que le marché du DVD a envahi le consommateur, du fan ultime au néophyte du cinéma, certains camps se mettant rapidement en place : par exemple, l’école « années Laser », qui, comme son nom l’indique en faisant référence à la revue éponyme, s’intéresse plus au master, au nombre de points par ligne et au son DTS, qu’au film lui-même.
C’est ainsi qu’il était fréquent d’entendre des gens refuser d’acheter certaines galettes à cause de ses bonus – qu’ils ne verront sans doute jamais… - et préférer un film en DTS ou un «
Taxi 4 en HD »… Face à cette caste, forcément adepte des films récents – films devenant plutôt des démos pour les nouvelles enceintes ou l’écran plasma high tech – il se détache les fans de classique. Son nom parlant pour eux, nous ne vous ferons pas l’affront de la décrire. Il y en a bien sûr une multitude d’autres groupes, mais un éditeur a pris une place particulière dans l’esprit du DVDphile. Son nom, c’est René Château.

Perdu entre les grosses boîtes de diffusion, René Château Vidéo s’est rapidement fixé chez le cinéphile grâce notamment à une charte graphique simple (affiche du film entourée de noir, d’une sobriété parfaite) et une ligne d’édition quant au choix de ses titres. Ses titres, ce sont les classiques français populaires, de la Seconde Guerre Mondiale aux années 60 (certains films, nous le verrons plus tard, sortiront de ces caractéristiques), comme si l’éditeur avait voulu redonner la chance que méritaient des titres violemment bannis et attaqués suite à la révolution Nouvelle Vague.
Ce sont donc des réalisateurs (Grangier, Autant-Lara, Melville, Clouzot, Christian-Jaque, Verneuil, Carné…), des acteurs (Gabin, Fernandel, De Funès, Delon, Marais, Arletty, Gérard Philipe, Bardot, Montand, Pierre Brasseur, …), mais aussi des seconds rôles (De Funès, Carette, Rocquevert, Biraud etc…), des dialoguistes (Audiard, Jeanson, Prévert : le trio suprême en termes de dialogues de films à cette époque), du Noir et blanc, des rues de Paris que nous envient tous les étrangers, un langage, des costumes, des gestes propres à cet âge d’or un peu ignoré aujourd’hui du Cinéma français.

Il faut bien admettre que certains de ces films possèdent un charme propre à cette époque. Du bon vieux film de studio, qui n’est malheureusement pas accessible aujourd’hui. En effet, pour revenir à nos « écoles » dont nous parlions au début de ce texte, où situer René Château, sachant que les cinéphiles pour la plupart tournent le dos à tout ce qui n’est pas classique, et que d’un autre côté, les fans de cinéma populaire font l’amalgame entre « noir et blanc » et « vieux cinéma mou ». René Château n’est donc pas entre ces deux extrêmes – heureusement purement excessifs et caricaturaux – mais
à côté d’eux…