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Scan Sequence : Le Parfum [page 4]

Par Kevin Dutot - publié le 16 juillet 2008 à 01h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 16h13 - 0 commentaire(s)
Plongeant sa main dans la corbeille de fruits, la jeune femme effectue un geste presque lubrique et ressort deux mirabelles translucides pénétrées par la lumière qu’elle tend à Grenouille. C’est une délicate invitation, une séduction propice à la vente de son produit. La harpe provenant de la bande musicale, vient offrir un brin de romantisme à la séquence mais semble néanmoins trop angoissée et stridente pour ne pas prévenir d’un éventuel danger. Le jeune homme se baisse alors et s’empare de la main de la vendeuse de fruits pour la porter à son nez. Dans un élan libérateur, Grenouille renifle violemment et bestialement cette femme qui se retrouve dans une posture embarassante et surtout terriblement inquiétante... Elle s’enfuit brusquement. La musique n’atteint aucun climax, elle se fait plus discrète et les répétitives notes au piano viennent annoncer un épilogue sinistre. Mais pour Grenouille, néanmoins, c’est l’explosion sensorielle, l’apothéose pour son odorat sur-develloppé... Un zénith alors figuré par un véritable feu d’artifice visuel tiré au-dessus de sa tête. Il est sur la place de l’église, ce feu d’artifice symbolise la quête finale de cette fragrance tant recherchée et l’aspect quasi religieux de cette trouvaille. Nous finissons alors sur un sourire terrible de Grenouille, d’une rare sournoiserie et terriblement menaçant... La suite n’en sera alors que plus troublante.









Comme nous l’avions dit précédemment, les obsessions de Grenouille deviennent les notres : chaque plan, chaque choix de musique ou de couleur, dans les vêtements ou les chevelures, participent à créer ce monde sensoriel duquel notre meurtrier ne peut s’échapper... A moins peu-être qu’il réussisse à le faire partager à ceux qui le jugent « monstreux », qualificatif qui nous est difficile de lui attribuer, nous spectateurs, tant notre éblouissement ne cesse de croître .





C’est ici que Le Parfum devient une étonnante métaphore du pouvoir, de celui que l’homme prétend. Ce pouvoir illusoire et coupable de vouloir ce qui nous est inaccessible et notre entrain démesuré à mettre ce désir de pouvoir par-dessus tout, quitte à laisser de côté notre identité ou même notre humanité. Un message simple, illustré par des séquences époustouflantes où l’homme redevient animal et ne fait que suivre son instinct ; où dans une scène d’orgie, le simple fait de faire l’amour sur une place destinée à guillotiner un être humain devient un acte révolutionnaire et contestataire. Un film sur un meurtier donc, mais sur l’homme en général, sur l’acharnement qu’il met à courir à sa perte, tout en prenant le temps parfois d’ouvrir grand ses sens et de se sentir vivant...


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