Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 07 septembre 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h49 - 0 commentaire(s)
A l’occasion de la rentrée et en cette fin d’été, Sidney Lumet est à l’honneur par chez nous. Tout d’abord, reçu et honoré à la Cinémathèque, ce dernier a pu profiter d’une rétrospective digne de son immense talent. Ensuite, l’actualité en salles n’a cessé et ne cesse de nous rappeler que le cinéaste malgré ses quatre-vingt trois ans passés, reste un professionnel de haut vol, un artiste passionné et surtout l’un des plus illustres passeurs de l’art cinématographique.


Jugez moi coupable l’an passé, l’inédit The Offence sorti le 12 septembre avant 7h58 ce samedi-là qui le suivra en salles le 26 septembre n’ont de cesse en effet d’associer le réalisateur américain au devenir du médium. Et pourtant lorsque l’on regarde sa filmographie et sa carrière, que de réussites depuis 1957 et son premier film, Douze hommes en colère avec Henry Fonda : Network avec Faye Dunaway, Un après midi de chien et Serpico avec Al Pacino. Et j’en passe comme Badly Affairs avec James Mason, Equus avec Richard Burton ou encore le Verdict avec Paul Newman.

En raison de son actualité, l’occasion est par conséquent idéale pour s’arrêter notamment sur ce dernier film et démontrer toute la maîtrise qui est celle de cet ancien acteur et comédien. Plus précisément, nous allons nous arrêter sur une des séquences fortes du Verdict - celle de la crise morale du personnage principal- et l’analyser à grands traits pour faire ressortir de sa mise en scène et des choix de filmage, toute la valeur du grand cinéaste qu’est Lumet.

Le Verdict : Une histoire et des thématiques typiques

Dans le Verdict, se retrouvent au travers de l’histoire d’un avocat chasseur d’ambulance, tous les grands thèmes habituels et structurants d’une partie de la filmographie du réalisateur : Faillibilité de la Justice Américaine, seule dévouée au pouvoir et à l’argent ; corruption des êtres et des institutions ; fatalité de la femme pour le héros masculin, déclassé et médiocre, en quête de rédemption.

Ainsi, va-t-on suivre sous les traits de Paul Newman, l’histoire de Frank Galvin, cet ancien avocat brillant, blessé par la vie et que ronge l’alcool. Dans le cadre d’une affaire a priori jouée d’avance, nous allons assister à sa réhabilitation par le travail et à une expiation inattendue. En effet, chargé par les parents d’une jeune fille victime d’une erreur médicale, d’obtenir réparation et condamnation de l’hôpital et du spécialiste incriminés, ce dernier va s’acharner au risque de tout gâcher. Cependant, obstiné et dépassant ce qu’il pensait devoir l’entraver ou le perdre, il triomphera du prestigieux James Mason auquel il fera face. Au mépris de tous ceux qui le voyaient perdre.

Dans ce film cinq fois nominé aux Oscars 1983, nous allons nous intéresser plus particulièrement à un passage de la relation particulière qui va lier Franck Galvin à Laura Fischer, une jeune femme séparée jouée par Charlotte Rampling. Cette dernière va avoir une aventure avec lui, le motiver avant de le trahir et donc de le perdre.


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