Par Kevin Dutot - publié le 12 septembre 2007 à 00h00 , MAJ le 25 septembre 2009 à 10h16 - 0 commentaire(s)
Le 11 Septembre 2001 s’est déroulé l’un des évènements majeurs de notre histoire contemporaine. L’Amérique est un pays ayant toujours su revenir sur son histoire proche, le cinéma s'est trés vite approprié les évènements de ce septembre noir. Quand il est encore quasi impensable de réaliser, en France, un long métrage sur la guerre d’Algérie, les Etats-Unis exorcisent leurs démons par l’image de façon beaucoup plus rapide. L’efficacité du processus reste cependant discutable...
Tout de même, cinq ans après ces tragiques évenements, et faisant suite au brûlot Fahrenheit 9/11 de Michael Moore, les premières oeuvres de « fictions » sur le 11 Septembre ont vu le jour grâce à deux cinéastes : Paul Greengrass et Oliver Stone... Si les ruines du World Trade Center avaient déja servies à Spike Lee dans la 25ème heure pour illustrer un monde en perdition se remettant en question, aucun cinéaste n’avait encore eu le courage de raconter ce qui s’était déroulé durant cette journée. A l’occasion de la sortie de La Vengeance dans la peau, nous allons nous attarder sur une oeuvre de Paul Greengrass qui, lors de son passage à Cannes l’an dernier, aurait certainement mérité bien plus qu’une simple sélection « hors compétition » : Vol 93.
Véritable leçon de mise en scène, le long métrage du réalisateur anglais est une véritable prouesse artistique sans réel précédent dans l’histoire du cinéma. Comme une fenêtre donnant sur l’indicible, le film ne cherche aucunement à élever les passagers au rang de héros, ils sont des êtres humains refusant simplement de se laisser mourir calmement. Ce sont dans les dernières minutes de son film que Paul Greengrass révèle l’instint de survie de ses personnages anonymes dont le destin, pourtant connu du spectateur, fait émerger une incroyable bouffée d’émotion. Paul Greengrass réussit l’exploit de nous faire vivre une ultime chute libre. Scan séquence...