Si les thèmes de l'enseignement, de l'entraînement et du dur labeur sont toujours au coeur de la problématique, la vision des moines est, elle, plus en décalage. Petit bijoux de kung-fu comedy, Liu Chia-liang y développe son propre style, très éloigné de celui de Jachie Chan très centré sur lui-même, un héritage flagrant du slapstick américain à la Buster Keaton ou Charlie Chaplin. Avec Liu Chia-liang au contraire, pas de sur-jeu, pas de saturation de mouvements inutiles. Les chorégraphies y sont épurées mais étonnement drôles et diverses. Liu Chia-liang fait preuve dans le film d'une véritable maîtrise des chorégraphies martiales et du développement des intrigues, chacunes se nourrissant les unes les autres pour déployer un véritable chef d'oeuvre.
Affiche hongkongaise de Lady Kung-fu
Toujours dans le veine humouristique, on retrouve le nouveau poulain de Liu Chia-liang Hsiao Hou dans
Mad monkey kung-fu en 1979 et
Lady kung-fu (my young auntie) en 1981 dont Kara Hui, entrevue dans Retour à la 36ème chambre, tient le rôle principal. Dans ce dernier film, le chorégraphe-réalisateur reprend le thème du conflit familial à travers le personnage de la tante devenue veuve, qui fait son entrée dans la famille d'un proche parent. Experte en arts martiaux, elle se confronte très vite à l'effronterie, au voyeurisme et à la nonchalance de son neveu, incarné par Hsiao Hou. Tourné vers la vie moderne, celui-ci tentera de "décoincer" sa tante, éprise de culture et d'éducation traditionelles.
Affiche hongkongaise Les disciples de la 36ème chambre
Dans le troisième opus de la série des 36ème chambre de Shaolin,
Les disciples de la 36ème chambre, véritable suite du premier film où Gordon Liu reprend le rôle du moine célèbre
San Te, non plus disciple naïf mais véritable maître du kung-fu de Shaolin, celui-ci y rencontre le héros national
Fang Shi-yu (ou Fong Sai-yuk), incarné par Hsiao Hou. Ce personnage est l'autre grande figure du style de Shaolin avec Wong Fei-hung, et a connu une popularité cinématographique importante, notamment grâce à l'interprétation de l'acteur Alexander Fu Sheng dans deux films de Chang Cheh,
2 héros et
Le monastère de Shaolin, deux films chorégraphiés par Tang Chia et Liu Chia-liang. Dans la version de ce dernier, Fang Shi-yu est un combattant talentueux mais turbulent et arrogant.