Il est temps de faire l’Amour… avec un grand A. Voici ce que soulignait l’affiche du film
Shortbus, l’épopée sexuelle de John Cameron Mitchell à qui l’on doit également l’excellent opéra-rock
Hedwig and the Angry Inch. Un shortbus, aux USA, est un bus scolaire de couleur jaune, réservé aux handicapés, aux enfants caractériels ou aux surdoués, à tous ceux qui sont hors-normes et ont besoin d’une attention particulière... Dans le film c’est aussi le nom d’un club échangiste ou se mélangent les corps dans une célébration sensuelle et poétique du corps et du plaisir. Loin de toute vulgarité et posant un regard aussi tendre que mélancolique sur ses personnages dont la sensibilité exacerbée va de pair avec la dimension hédoniste du propos, le cinéaste filme l’Amour comme un acte libérateur, la pulsion sexuelle comme explosion des sens et l’orgasme comme véritable bienfait pour l’humanité toute entière. Ainsi, le réalisateur suit les affres de Sofia, une sexologue qui n’a jamais connu l’orgasme et simule le plaisir depuis des années avec son mari Rob, et dans les dernières minutes du film nous assistons à sa toute première montée au septième ciel. Mitchell réalise alors une séquence proprement bouleversante où la montée du plaisir, progressive et enivrante, va se faire au rythme d’une chanson construite en deux temps, comme des préliminaires menant à un...
Quand l’orgasme devient l’énergie la plus puissante au monde et l’Amour le plus bel acte de partage... Analyse.







Alors que nous venons d’assister à une séance d’onanisme puissante mais vaine durant laquelle la jeune sexologue tente d’atteindre l’orgasme tant recherché, la ville de New York (reproduite en animation) s’éteint littéralement, comme achevée par une gigantesque déception. Nous entamons donc ce scan séquence quelques minutes avant le générique de fin, là où les intrigues ont plus ou moins trouvé une voie de sortie mais se sont toutes achevées sur une note négative et amère. Il y a ce couple d’homosexuels, qui ne parvient pas à trouver un véritable équilibre dans leur sexualité malgré l’amour pronfond qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, puis il y a cette jeune femme, sado-maso et déboussolée qui cherche avant tout à faire du bien plutôt qu’à faire du mal et enfin Sofia, tendrement éprise de son mari Rob qui n’arrive pas à lui fournir l’ultime plaisir qu’elle recherche. Nous nous baladons doucement dans les rues de New York, éteintes et silencieuses, les fenêtres ne laissent passer aucune lumière puis... là, après avoir passé le Brooklyn Bridge, une petite lueur (d’espoir) semble vaciller derrière la vitre. Il s’agit du Shortbus dans lequel le cinéaste fait pénétrer sa caméra...





