Mitchell nous embarque alors dans une folle virée, alternant les gros plans avec les plans larges, accélerant les mouvements de ses comédiens qui se jettent les uns sur les autres et s’embrassent sans retenue. Les unions se font, les couples se forment, les corps se lâchent et la musique, envahissante, nous pénètre et nous embarque en plein coeur de cette orgie d’une sensualité absolue où l’amour semble régner dans sa plus pure représentation. Le cinéaste évite la vulgarité, la pornographie ou l’esthétisme outrancier, il se concentre avant tout sur ce sentiment qui monte crescendo, celui du plaisir ultime crié haut et fort par le chanteur qui s’est alors emparé d’un mégaphone. La poésie est toujours là mais elle a fait place à une sorte de folie totale, un chaos ultime menant à ce gros plan sidérant où le visage de Sofia devient solaire et semble éclairer tout l’écran...






On est ébloui, la jeune femme vit son premier orgasme et la caméra sort alors subitement du Shortbus, le morceau de musique initial se transforme en cet hymne à l’amour composé par Animal Collective, Winter’s Love, puis New York se rallume à une vitesse sidérante, tout Manhattan retrouve ses couleurs, puis le pays tout entier et enfin le cadre virevolte au gré d’une musique particulièrement rythmée. Quand l’orgasme devient l’énergie la plus puissante au monde et l’Amour le plus bel acte de partage... on vous le redit...