Question bestiaire malheureusement, l’armée d’Aliens, même si elle est conséquente, dispose d’un design tout particulier qui fait plus penser à un montage plastique (ces dents !!) qu’a une armée de créatures féroces. On pourra toujours mettre cela sur l’origine des bestioles, issue d’un Predalien Reine au look ravageur (un Predator à dreadlocks avec une tête et une queue d’Alien), mais les voir se faire décimer par un unique Predator (qui permet d’ailleurs de découvrir un aperçu assez logique de leur planète d’origine, ainsi que quelques nouveaux gadgets de leur panoplie) porte à sourire. Afin de lisser le fan dans le sens du poil, le script reprend d’ailleurs de nombreux gimmick-références aux opus des deux licences (le Predator se soigne, la reine attaque la queue devant, les marines facent aux Aliens…) alors que le score lie tour à tour les thèmes à peine modifiés des deux franchises. Mais il en faudra bien plus pour emporter l’adhésion du fan de survival claustro hardcore tandis que les répliques faussement subversives fusent (« le gouvernement ne ment jamais ») et que l’intrigue se perd en suivant un nombre trop grand de protagonistes.

Niveau distribution, le film fait la part belle aux acteurs télé que les série-maniacs prendront plaisir à retrouver, tandis que d’autres regretteront la frontière désormais inexistante entre les deux formats. Steven Pasquale fera donc office de l’ex-taulard badass de service (ce qui tendra à faire rigoler les fans de
Rescue Me, son personnage de la série étant un faux dur parfaitement nouille), tandis que Reiko Aylesworth campera cette fois la femme icône du film (
24 Heures chrono). On est loin de Schwarzy et de Sigourney, mais on aurait pu tomber sur pire. John Ortiz (
The Job,
Miami Vice) incarnera quand à lui ce shérif désarçonné, ayant toute confiance en un gouvernement égal à lui-même (tous pourris). A ce titre, le final se révèle à la fois jouissif et décevant, car offrant quelques passages dantesques tout en désamorçant en amont tout enjeu dramatique.
Alors que la scène finale replace une nouvelle fois le cross-over dans une logique de licence ouverte définitivement vouée à l’exploitation abusive,
AVP : Requiem force le trait afin de faire plaisir à tout le monde et se pose comme une œuvre bancale, mais qui, en bonne œuvre popcorn, fera la joie des adeptes peu regardants, semblant parfois déceler comme un faible souffle rappelant l’énergie massive des deux licences. Encore quelques efforts dans ce sens et on parviendra sans doute quelque chose de relativement honorable.
note: 5/10