Mais bien évidemment, nous parlions d’alternance et ce n’est bien sûr pas seulement dans cette succession de séquences spectaculairement mal filmées et ne cherchant à mettre en avant que ces effets gores aussi furtifs que dégueulasses que le film se révèle réjouissant. Ainsi, le script semble vouloir donner à Ricky un côté sensible et inspiré. Ricky joue ainsi de la flute dans sa cellule (avant de la briser quelques minutes après une crise de colère). Ricky joue magnifiquement l’harmonica avec une simple feuille d’opium (mais joue t’il vraiment ?), Ricky se lave ses cheveux souples et soyeux sous la douche, Ricky tente de se faire des amis (qui finissent tous systématiquement éviscérés par les bad guys) et Ricky repense avec nostalgie à l’entraînement que lui a fait suivre son oncle alors qu’il ressemblait à un gentil Michael Jackson un peu niais époque fin 1990. Un entraînement d’ailleurs mémorable plus qu’il s’agit juste de suivre les conseils de son oncle, lui ordonnant de casser les pierres tombales qu’il lui jette à la figure. Ricky les casse, il est devenu plus fort.


Rajoutez à cela des terreurs ressemblant à des nains tout droit sortis de
King of Fighters 97 (avec le public de prisonniers extasiés assorti) et possédant des coups spéciaux invariables, la capacité qu’a Ricky d’une scène à l’autre à voir ses blessures disparaître (le changement de stage lui redonne toute sa vie, ou il se régénère en passant ses yeux écorchés dans l’eau) et de passer en mode furie quand il ne lui reste plus beaucoup de vie, et vous aurez une petite idée de la merveille qu’est ce
Story Of Ricky, ode involontaire tant aux jeux vidéo SNK de la décennie à suivre qu’à tout un pan de la culture pop culte aujourd’hui, délicieusement Kitch. On pourra d’ailleurs sur le DVD Hong Kongais, assister dans la bande annonce du film à la comparaison plan par plan des éviscérations mises en scène avec leurs références manga. Bien évidemment, on vous a passé sous silence quelques surprises dont on vous laissera découvrir les subtilités (l’homme qui a mal roulé le tapis rouge, le petit garçon du big boss et son attitude délicieusement décalée par exemple, le gardien guignol…). La vision de cet énorme nanar est donc tout simplement indispensable à qui ne le connaît pas encore. Et tel Ricky qui au final, après avoir charcuté tout ce qu’il y avait à charcuter, donne un simple coup de poing dans le mur afin de sortir de prison, vous en sortirez grandi. Ou peut-être pas.