Toutes les actrices de New York, Los Angeles, du Canada veulent décrocher le rôle de la journaliste éprise du super-héros. Lesley Ann Warren, Anne Archer, Stockard Channing, toutes les actrices ayant l’âge approprié se bousculent pour passer les tests devant Lynn Stalmaster. Une actrice se démarque par sa personnalité quelque peu fantasque mais qui à l’écran durant le test possède une touche magique qui foudroie le coeur du directeur de casting. L’actrice se prénomme Margot Kidder, elle restera pour toujours Loïs Lane. Les rôles sont distribués. Glenn Ford sera Jonathan Kent, Jackie Cooper sera Perry White et Terence Stamp le général Zod.
L’aventure peut cette fois commencer, le tournage débute le 24 mars 1977.

L’ambiance instaurée sur les plateaux de tournage est agréable, Richard Donner veillant à ce que l’équipe devienne une véritable famille. Mais le temps presse, les décors sont construits dans l’affolement. Hackman et Brando ont signé pour des dates de tournage fixes. 6 millions de dollars se sont déjà envolés avant même l’arrivée de Richard Donner par l’équipe de Guy Hamilton, notamment pour la création des effets spéciaux. Tout le monde est inquiet sur la crédibilité des scènes de vol. Donner ne se préoccupe pas du budget ni des contraintes de temps, après tout il réalise deux films en même temps ! Les Salkind commencent à faire pression sur le cinéaste, l’argent commence à manquer réellement, ils décident de montrer les rushes à la Warner pour espérer une aide financière. La Warner aime beaucoup ce qu’ils voient et décident d’investir dans le film. S’impliquant davantage, le studio obtient les droits des diffusions du film à la télévision ainsi qu’une participation sur les diffusions à l’étranger. Voyant leur part fondre dans l’opération, les Salkind rejettent leur frustration sur le réalisateur Richard Donner qu’il tiennent en grande partie responsable.
Les tensions sont omniprésentes désormais sur les plateaux. Les producteurs et Donner ne se parlent même plus et le cinéaste Richard Lester est engagé comme médiateur durant les conflits. Les Salkind exercent une pression morale sur Donner qu’ils espèrent voir démissionner pour le remplacer par Lester. Sans succès. Bien qu’épuisé, Donner ira jusqu’au bout.
Voyant le temps passer rapidement, la Warner décide de concentrer le tournage uniquement sur le premier
Superman, en espérant terminer le tournage du deuxième film une fois le premier sorti dans les salles... et espérant bien sûr qu’il fasse un carton. Donner travaille d’arrache-pied et en parfaite osmose avec son monteur Stuart Baird. Le tournage prend fin en octobre 1977... sauf pour Christopher Reeve qui doit encore tourner la majorité des scènes à effets spéciaux en passant d’un studio à l’autre. Pour lui, le tournage durera encore un an.
Jerry Goldsmith avait écrit la musique du précédent film de Richard Donner,
La Malédiction. C’est donc tout naturellement que le cinéaste propose au compositeur de créer la musique de son film mais Goldsmith n’est malheureusement pas libre. Pour la petite histoire, Goldsmith écrira le thème de
Supergirl quelques années après... Donner se tourne alors vers John Williams, compositeur récompensé par un Oscar pour la partition des
Dents de la mer et de
La Guerre des étoiles, à qui il donne carte blanche pour donner une identité au film. Trouvant le film drôle, bourré d’ironie et divertissant, Williams accepte la proposition de Donner. La musique composée par le maestro reste une de ses plus belles partitions, thème musical devenu incontournable et anthologique. Richard Donner en reste bouche bée d’admiration et redécouvre son propre film au moment de l’inoubliable et majestueuse ouverture du film.
Le temps passe et le film ne pourra pas être prêt à temps pour sa sortie prévue pour l’été 1978. Le compte à rebours final est lancé pour les fêtes de Noël de la même année, dernier délais pour Donner et ses équipes techniques. John Williams reçoit des nouveaux plans à mettre en musique. La production n’a même pas le temps d’organiser une projection test !
Après 19 mois de tournage, 11 équipes travaillant sur 3 continents avec le plus gros budget alloué à un film,
Superman sort le 15 décembre 1978 à temps pour les fêtes de Noël. La critique est dithyrambique et le film bat les records de recettes au box-office.
Superman a longtemps fait partie des films les plus lucratifs de la Warner et de l’histoire du cinéma. Après ce succès foudroyant, tous les acteurs sont invités à reprendre le chemin des studios. Seul manque à l’appel Richard Donner. A la « surprise » de tous, les Salkind décident de ne pas confier la réalisation de la fin du tournage du deuxième opus. Richard Lester est prié de s’en charger malgré la colère et la frustration des comédiens et de l’équipe technique.
Superman II est relancé !