1. >
  2. >
  3. >
  4. >Terence Stamp : Culte Et Classe [page 4]

Terence Stamp : Culte Et Classe [page 4]

Par Nicolas Houguet - publié le 13 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 13 octobre 2009 à 11h59 - 0 commentaire(s)
Mais il ne se livre pas autant au cinéma qu'auparavant et son travail change peu à peu de nature. Il devient un solide acteur de composition, plutôt que la star branchée qu'il était en son jeune temps. Pourtant un film est majeur dans sa carrière et date de cette époque : The Hit de Stephen Frears en 1984. Il y incarne un gangster repenti qui a trouvé l'apaisement et la sagesse mais que son passé rattrape (cela trouve quelque écho dans la trajectoire de l'acteur). On notera également sa participation à Wall street d'Oliver Stone, où il est un homme d'affaires intègre et l'opposé de Michael Douglas. Il est également dans Le Sicilien de Michael Cimino.



On l'emploie pour son élégance toute britannique, sa prestance qui en impose. A cette époque, sa mère meurt, et Stamp, revisitant son enfance, se découvre un talent pour l'écriture et rédigera pas moins de trois autobiographies et un roman. Mais c'est véritablement avec Priscilla, Folle du désert qu'il réaffirme en 1995 son audace absolue et son statut à part dans le cinéma. Il peut tout se permettre et toucher juste, même dans la peau des personnages les plus improbables (ici une drag-queen vieillissante, flamboyante et touchante). L'oeuvre est audacieuse mais en aucun cas insultante et célèbre la marginalité avec une belle sensibilité, ce qui ne pouvait que séduire un artiste comme Terence Stamp. On retrouve le port de gentleman et l'élégance naturelle du comédien en éditeur britannique dans Tiré à part de Bernard Rapp.

L'oeuvre qui marque cette dernière décennie est assurément l'Anglais de Steven Soderbergh en 1999. Il s'agit d'un film en hommage à l'acteur, célébrant sa présence en même temps que le symbole des belles sixties qu'il est, tout comme Peter Fonda, l'ennemi qu'il traque. Stamp est un tueur qui veut venger sa fille disparue alors qu'elle partageait la vie de ce producteur de disques légendaire. Le face à face est intense entre les deux icônes: l'anticonformisme londonien contre le motard légendaire d'Easy Rider. Il y avait là un beau moment à savourer et Soderbergh est à la hauteur de la tâche en leur présentant ses respects. On voit le jeune Stamp en Flash back, comme un père aimant mais également un assassin qui n'a pas su sauvegarder son bonheur et protéger sa fille. Et puis il y a le visage de Stamp, plus parcheminé qu'auparavant, plus racé et expressif, dans une maturité magnifique (qui n'est pas sans rappeler celle de Clint Eastwood dans Impitoyable). Même s'il est un tueur sans merci et volontiers ordurier ou violent, quelle classe! C'est sans doute pour cette dernière qualité que Yvan Attal l'a choisi pour incarner l'acteur séduisant qui doit embrasser Charlotte Gainsbourg dans Ma Femme est une actrice en 2001.



Terence Stamp apparaît assez brièvement dans les deux premiers volets de la nouvelle trilogie de Star Wars dans le rôle d'un auguste chancelier. On reconnaît sa voix dans quelques épisodes de Smallville (celle de Jor-El, le retournement ne manque pas de sel puisqu'il était son ennemi dans la version cinéma de Superman). Enfin il se prête à des productions plus anecdotiques (pour rester poli), telles que Mon boss, sa fille et moi ou encore dans l'adaptation discutable -pour dire le moins- d'Elektra. Dans Wanted : choisis ton destin, il est le vieux sage qui finit par ouvrir les yeux du héros.

On l'attend prochainement dans Walkyrie de Bryan Singer aux côtés de Tom Cruise. Il continue de tourner avec régularité, même si on espère encore qu'il retrouvera bientôt un rôle digne de sa stature. Après tout, on lui doit quelques belles audaces, il est dommage de le voir réduit à une fonction plus secondaire et honorifique.
logAudience