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Top Bonus : Coffret Michel Deville [page 1]

Par David A. - publié le 11 juin 2008 à 12h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h25 - 0 commentaire(s)
Il semble que la renommée de Michel Deville ne soit pas à la mesure de son talent. Pour réparer cette injustice, la société Eléfilm, la propre société de production du cinéaste, ressortdeux volumineux coffrets dédiés à une partie de ses films, réalisés entre 1961 et 1999, c’est-à-dire entre son premier long-métrage Ce soir ou jamais (Une balle dans le canon tourné l’année précédente était une collaboration imposée) et La maladie de Sachs. Rigoureux et attentif au travail bien fait, le cinéaste accorde une place de choix à de nombreux suppléments forts instructifs venant accompagner ces éditions DVD de première valeur. En effet le bonhomme se montre tout à fait disponible vis-à-vis du spectateur pour faire découvrir son univers, son parcours, sa carrière et sa vision de la mise en scène cinématographique.


Retour en arrière

Lorsque l’on se penche sur la filmographie de Michel Deville, on remarque tout d’abord qu’il a traversé les cinquante cinq dernières années du cinéma français, ce qui est rare. Près de dix ans d’assistanat (1952-1960) auprès de son maître et mentor, Henri Decoin, avant le grand bond en avant. Mais avant tout cela Michel Deville s’est longtemps illustré avec sa caméra personnelle 8 mm de façon très amateur. Aussi sur le DVD du film Lucky Jo, le cinéaste et critique N.T. Binh revient sur quatre courts-métrages du réalisateur : Brio, Happy après, L’homme qui avait…, et enfin Time is money. C’est l’occasion de découvrir un premier travail sur le cadre, le montage, la rythmique musicale et les clins d’œil cinématographiques. Entre les films de famille que le cinéaste évoque et ces petits films de fiction, c’est tout une pratique et une découverte du langage cinématographique qui se met en place.


En 1961, après près d’une décennie passée à découvrir les ficelles du métier et à occuper tous les postes que nécessitent la réalisation d’un long-métrage, Michel Deville devient lui-même cinéaste avec Ce soir ou jamais. La grande spécialité de Deville c’est le casting personnel, autrement dit, le casting réalisé par ses soins sans assistance aucune. Grand amateur de théâtre, il écume les représentations en notant le nom et le parcours des comédiens qu’il repère. Le théâtre n’est pas le seul médium convoqué, le cinéma bien sûr mais également la publicité lui serve de réservoir de talents auxquels il fera appel. C’est ainsi qu’il repère Anna Karina dans la pub « Monsavon », frottant lentement ses magnifiques jambes avec le produit susnommé. L’actrice a déjà tourné Le petit soldat de Jean-Luc Godard, son compagnon, mais pour des raisons de censure le film n’est pas encore alors sorti en salles. Michel Deville en fera son rôle principal, un personnage au regard espiègle et à l’accent (factice) particulièrement séduisant.


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