La réussite de The Host a coïncidé avec la réduction des quotas coréens : peut-on parler d’un effet pervers, le succès de votre film cachant les difficultés de plus petits budgets, plus dépendants des quotas ?Le box-office récent a aussi été marqué par le succès énorme de
The King and the Clown, ce qui a effectivement permis à ceux qui étaient favorables à la réduction des quotas de dire que le public suivait de toute façon quand le cinéma national était de bonne qualité. Mais je tiens à dire qu’il serait très risqué de tomber dans ce piège : si ces films de bonne qualité existent, c’est bien parce que leurs réalisateurs, autant que leurs équipes techniques, ont pu travailler au préalable. Un film de qualité ne se fait pas en une journée, il y a des années de travail derrière, rendues possibles avec le système des quotas. C’est bien grâce aux quotas que ces grands succès existent aujourd’hui et il est très risqué de les avoir réduits.

Souvenez-vous, Ocean Films distribution et Excessif vous offraient la possibilité de devenir notre reporter le temps d'une interview, et de rencontrer le réalisateur de
. Ce dernier a donc aimablement accepté de répondre également aux questions de la gagnante du concours, qui s’est improvisée reporter au nom de tous les lecteurs d’Excessif.
Disons que les Américains, quand ils achètent les droits de remake, prouvent qu’ils aiment le cinéma coréen, dont ils respectent la créativité. Je ne parlerais pas de pillage, plutôt du constat d’un manque d’inspiration : le cinéma américain est de plus en plus fait de sequels… Il n’y a pas que du négatif dans le remake, c’est aussi une preuve de la reconnaissance d’un cinéma étranger. En ce qui me concerne, j’ai accepté de vendre les droits de remake de
à Universal à la condition qu’ils commencent par distribuer mon film aux Etats-Unis. Je ne suis pas inquiet si la distribution de mon film précède son adaptation.