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Trilogie Gamera : le choc ! (part.2) [page 1]

Par Julien Dupuy - publié le 26 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 26 octobre 2009 à 18h29 - 0 commentaire(s)
Dans notre précédent opus, nous avons vu comment la Daiei en est venue à relancer une vieille franchise un peu oubliée. Cette fois, nous rentrons dans le vif du sujet en revenant sur les trois films qui vont marquer l’histoire du kaiju eiga (film de monstres géants) d’une pierre blanche.

Gamera, gardien de l’univers
Le scénario du premier opus de la trilogie de Gamera ressuscite le Némésis le plus populaire de la saga. En l’occurrence, les Gyaos, sortes de ptérodactyles mutants, se réveillent d’une léthargie longue de plusieurs millénaires, croissent au contact de matières radioactives et attaquent aussitôt une petite île nippone. Ce péril réveille Gamera, défenseur des Terriens créé par les Atlantes, qui sommeillait dans les océans, au large du Japon.


En plus de recréer la mythologie de Gamera, le scénariste Ito et le réalisateur Kaneko ont la brillante idée d’ajouter des artefacts reliant spirituellement les humains au monstre géant. Cette trouvaille scénaristique renvoie aux principes visuels de ce premier film dans lequel, malgré des moyens techniques très limités (à l’exception de quelques missiles, le film n’emploie jamais d’images de synthèse et quasiment aucun effet numérique), il tente de replacer le monstre dans une perspective humaine. Si ces partis-pris stylistiques n’en sont encore qu’au stade du balbutiement, en revanche Kaneko, sous l’impulsion du créateur des séquences à effets spéciaux, Shinji Higuchi, commence à oser s’aventurer sur des terrains désertés depuis bien trop longtemps par le kaiju eiga. Ainsi, alors que la Daiei insiste pour que Gamera ait une tête « mignonne », Higuchi et Kaneko essaient d’en faire un vrai monstre, et de jouer la carte du film d’horreur, ce que le kaiju eiga est à l’origine. La confiance du studio n’est pas totale (Gamera a des yeux trop humains) et Kaneko lui-même refuse certaines idées folles d’Higuchi (ce dernier voulait une scène de cannibalisme entre les Gyaos). Enfin, le budget ridicule de 4,5 millions de dollars (contre les 15 annoncés initialement par la Daiei) les prive de la plupart de leurs envies.
Pour les complets néophytes dans le genre, Gamera, gardien de l’univers peut donc paraître un peu trop cheap. Il serait pourtant criminel de passer outre les nombreuses séquences d’anthologie offertes par le film, sa générosité dans l’action, et son inventivité dans des cadrages incroyablement efficaces dans la traduction visuelle du gigantisme.


Les Japonais ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : à sa sortie, Gamera, gardien de l’univers remporte un joli succès, et surtout l’accueil critique est excellent. Dès la Première du film, le président de la Daiei supplie donc Kaneko d’accepter de réaliser un second film.
Notons que le DVD de WE Prod bénéficie d’une copie 16/9e très correcte, et a l’excellente idée de remettre les formidables bonus déjà présents dans les DVD zone 1 d’ADV. On y retrouve notamment la première partie de la formidable interview entre Hirokatsu Kihara, ancien producteur à Ghibli, et Shinji Higuchi. Cet échange aussi instructif qu’hilarant (Higuchi a beaucoup d’humour) se poursuit sur les autres DVD. Les suppléments nous offrent également un petit montage d’images making-of.

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