Né en 1956 en Californie, Tom Hanks connait une enfance troublée déménageant sans cesse et suivant son père après le divorce de ses parents. Il est alors en quête de bonheur et d'exutoire. Il s'adonne au sport au lycée, cherche un moment refuge dans la religion. Mais c'est véritablement lorsqu'il découvre l'art de jouer la comédie qu'il trouve véritablement son équilibre, s'y adonnant avec une passion absolue. Il va se consacrer au théâtre de toute son âme, l'étudiant à l'université avant de se jeter dans des productions et des festivals. Il joue Shakespeare en cette fin des années 70 avec un insatiable enthousiasme. Porté par sa vocation, il s'aventure à New York pour y accomplir son rêve: jouer à Broadway.
Il décroche des petits rôles au cinéma dans des productions d'épouvante assez anecdotiques (dans le slasher Noces sanglantes en 1980 ou dans Les Monstres du labyrinthe en 1982). Il apparaît dans des séries télévisées (Bosom Buddies ou La Croisière s'amuse). Le remarquant dans Happy days, Ron Howard lui confie le rôle principal de Splash en 1984. Tom Hanks y est un jeune homme tombant sous le charme de la sirène Daryl Hannah. Le jeune acteur se distingue déjà par la sympathie qu'il inspire. Cela lui permet surtout de trouver des emplois réguliers.
On le retrouve à l'affiche de Volunteers en 1985, mélange de comédie et d'aventure, où il est un golden boy contraint de se joindre à une mission en Thaïlande. Il sera également dans un improbable remake, L'homme à la chaussure rouge (y reprenant le rôle de Pierre Richard). Sa participation à Une Baraque à tout casser est beaucoup plus convaincante. C'est sympathique et saugrenu, typique du registre léger auquel on cantonne Tom Hanks à cette époque. Everytime we say goodbye marque un tournant en 1986, puisque le contexte y est plus sérieux (une histoire d'amour entre un aviateur américain et une jeune juive à Jerusalem pendant la seconde guerre mondiale). Il est toujours l'interprète de comédies souvent sympathiques (Rien en commun de Garry Marshall où il doit s'occuper de ses vieux parents, Jackie Gleason et Eva Marie Saint) et parfois franchement ratées (l'adaptation de la série Dragnet en 1987). En 1988, il livre une performance intéréssante aux cotés de Sally Fields en comédien de stand up fauché dans Punchline-Le Mot de la fin.

Sa carrière prend pourtant une toute autre dimension avec le bien nommé Big de Penny Marshall en 1988. Dans la peau d'un jeune garçon se retrouvant piégé dans le corps d'un homme, Hanks livre une prestation tendre et attachante, pleine d'innocence et de naïveté devant le monde des adultes qu'il découvre. C'est un grand succès. La suite est pourtant chaotique pour l'acteur. Turner et Hooch est une variation sympathique mais anecdotique autour du buddy movie où Hanks est un flic qui a un chien pour partenaire. Il continue d'imposer sa nature comique en 1989 dans une oeuvre cinglante et bourrée d'humour noir, les Banlieusards de Joe Dante, critique déjantée du conformisme américain portée par d'excellents comédiens (Carrie Fisher et Bruce Dern).
Il rencontre Meg Ryan pour la première fois dans Joe contre le Volcan en 1990, fable inégale de John Patrick Shanley. Puis sort en 1991 le Bûcher des vanités de Brian de Palma, brillamment adapté de Tom Wolfe, avec son héros qui voit son existence dorée basculer à cause d'une simple erreur d'itinéraire. Tout est réuni pour que le film soit un succès. Malgré sa réussite formelle indéniable et sa distribution prestigieuse, il sera un échec presque sans précédent. L'avenir de l'acteur est alors incertain.

