Déjà créateur, producteur, scénariste et réalisateur sur les séries à succès
L’homme qui valait 3 milliards, Super Jamie et
L’incroyable Hulk, Kenneth Johnson tombe en 1982 sur le roman de Sinclair Lewis
Impossible ici qui narre la monté d’un nouveau fascisme aux Etats-Unis, rendant le continent similaire à l’Allemagne des années 30. Fasciné par le concept, il décide alors d’écrire et de produire une série au scénario similaire. Mais alors qu’il le propose à son ami Brendan Tartikoff, alors à la tête de la NBC, celui-ci, ayant quelques doutes sur la capacité qu’aurait une audience moyenne à être captivée par la notion de fascisme, lui propose plutôt de mettre la population face à des extraterrestres. Tout d’abord allergique à l’idée, Kenneth voit au fur et à mesure dans ce concept un moyen d’attirer les jeunes audiences grâce à des visuels aguicheurs pour ensuite narrer le fond de son histoire.
V était née.
Axée sur la montée en puissance sur notre bonne vieille Terre d’une force mystérieuse venue d’ailleurs,
V va très vite entrer en production et séduira plus de 80 millions d’âmes pour sa première diffusion. Un succès (40% de parts de marché) qui s’explique par une campagne publicitaire savante (les affiches des visiteurs furent placardées un peu partout, graphitées d’un V rouge la semaine suivante, puis augmentée d’un autocollant collant annonçant la diffusion) et un heureux mixe entre métaphore de la seconde guerre, effets spéciaux aguicheurs à foison et personnages identifiables établis dans une intrigue aussi passionnante que rythmée. Visuellement, la série imposera un certain nombre d’éléments qui vont rapidement faire date dans l’univers télévisuel de l’époque et nourrir l’imagination de toute une génération de fans de science fiction nourris à Star Wars.

Une identité visuelle bien évidement soigneusement préparée afin de pousser la comparaison avec l’armée allemande de la seconde guerre. Ainsi les extraterrestres d’apparence humaine vont rapidement se révéler être une unité militaire forte et disciplinée et qui ne comprendra que des soldats et autres gradés. Pas d’enfants, ni même aucune autre sorte de population civile ne fera partie du voyage (pas de curieux, de scientifiques ou de politiciens, et encore moins de cellules familiales…), ne serait-ce que pour calmer les esprits de certains. Une rencontre du 3ème type toute militaire donc, d’ailleurs habillée pour la circonstance : des uniformes d’un rouge sang uni lourd de sens, transportés par des vaisseaux d’un blanc immaculé tels des nuages apaisants portant en leur sein un virus dévastateur. De plus, les uniformes et les drapeaux de cette nouvelle force parée d’atours amicaux brandissent sous le nez de la population un insigne n’étant pas sans rappeler le swastika nazi. Et comme si cela ne suffisait pas, impossible de bien cerner le regard des nouveaux arrivants alors que ces derniers, sensibles à la lumière, s’obligent à porter des lunettes de soleil. On serait dubitatif pour bien moins.

