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Wanted : Du Film A La Bd, Deux Esprits Differents [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 16 janvier 2009 à 13h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 21h16 - 0 commentaire(s)
Wanted est un film à l'action haletante avec un héros dépressif à la Fight Club dont l'attrait est indéniable. En effet, il a son lot de morceaux de bravoure, de combats hallucinants, de balles qui suivent des trajectoires impossibles, de voitures effectuant des sauts périlleux et des cascades qui boosteraient même le taux d'adrénaline du fan d'Eric Rohmer le plus récalcitrant. Il a tout ce qu'on peut attendre d'un bon blockbuster et profite de la présence d'acteurs charismatiques et chevronnés (Angelina Jolie, Terence Stamp et Morgan Freeman). C'est un fait, nous voilà devant un divertissement de fort belle facture qui ne nous fait pas regretter le prix de la place de cinéma ou du DVD ou du Blu Ray (puisqu'il est disponible sur ses beaux supports depuis le 16 Janvier dans notre beau pays de France). Le spectateur curieux et insatiable en redemandera peut-être et se fendra de quelques dollars de plus pour faire l'emplette de la B.D originelle de Mark Millar dont le film de Timur Bekmambetov est l'adaptation. C'est alors que ce lecteur intrépide sera fort surpris.



On a l'habitude : From Hell ne gardait par exemple que la trame du roman graphique original d'Alan Moore, tout comme V pour Vendetta. Pour Batman begins et The Dark Knight de Christopher Nolan c'était autre chose, les sources étaient multiples (Batman Year one de Frank Miller, the Killing Joke d'Alan Moore ou encore l'Asile d'Arkham de Grant Morrison entre autres références). Seul Sin City apparaît fidèle et pour cause, son auteur était coréalisateur. D'ailleurs vouloir une adaptation scrupuleuse relèverait de la sottise puisque les médiums ne sont pas les mêmes. Toutefois, en ce qui concerne Wanted, la transposition est si lointaine (certains ont dit « édulcorée ») que cela mérite qu'on en parle un peu.

Dans un supplément de l'édition DVD, Timur Bekmambetov s'explique assez évasivement et succinctement, expliquant qu'il a voulu conserver le ton et l'irrévérence de Mark Millar, qui sont, il est vrai, assez sidérants dans le comics original. On voit trace de son insolence en particulier au début du film, collant assez bien à celui de la B.D (même si on en occulte déjà les moments les plus trash, dont la sexualité très trouble et très « ouverte » du glorieux paternel tué au début de l'histoire). On découvre un jeune homme frustré et insignifiant, tyrannisé par sa chef de bureau. Son meilleur ami couche avec sa dulcinée, tandis qu'il feint de ne rien voir. Il est un loser aigri qui en veut à la terre entière. Cela l'inscrit dans la série assez répandue des jeunes lambdas que rien ne prédestine à se choisir un destin extraordinaire, comme le suggère le sous-titre du film.



Une première inquiétude vous étreint à la lecture du livre : la présence de gueules cassées monstrueuses à l'enterrement du père de Wesley. On se dit avec un sens implacable de l'observation qu'il n'y en a pas trace dans le film. Ensuite il y a le langage plus que fleuri, voire délicieusement ordurier (l'un des grands chapitres résumant assez bien le message à faire passer: « allez tous vous faire enculer! »). Cette langue violente employée par les personnages ne trouve dans l'adaptation cinématographique qu'un lointain écho.


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