Dans un futur proche où une grande partie de la population est sous l’emprise d’une drogue d’origine inconnue – la substance M -, le policier Fred est chargé d’une mission d’infiltration auprès de ses amis eux aussi drogués, et avec lesquels il vit. Dissimulé par un « complet brouillé », vêtement aux formes changeantes masquant l’identité, Fred reçoit alors l’ordre d’espionner un autre accro à la substance M, le dénommé Bob Arctor, qui n’est autre que lui-même... Adapter le génial livre de Philip K. Dick,
Substance Mort, sans en trahir ni l’esprit ni la lettre, voilà le délicat pari réussi par Richard Linklater avec son magnifique
A scanner darkly. Fascinant roman estampillé SF malgré le fait qu’il s’attache en réalité à décrire la schizophrénie et la paranoïa engendrée surtout par la drogue mais aussi par une société façon
1984 (de George Orwell), s’immisçant dans l’intimité des gens et les manipulant,
Substance Mort relève d’une intrigue subtilement complexe mélangeant les différentes perceptions de la réalité, à l’instar de nombre d’écrits de Philip K. Dick, mais également d’une forte part autobiographique. Dès lors, l’adaptation cinématographique de cet auteur dont on a souvent pillé les idées sans trop se soucier de l’oeuvre originale, nécessitait une fidélité exemplaire, tout en la conformant au dispositif audiovisuel, ce dont a fait preuve avec un talent indéniable Richard Linklater.
Retrouvez ci-dessous les tests complets de A Scanner darkly et Waking Life sortant à la mi-mars respectivement chez Warner et Fox :