Par La Rédaction - publié le 26 février 2008 à 12h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h14 - 2 commentaire(s)
Si Ridley Scott, Denzel Washington et Russell Crowe revisitent avec brio la saga policière hollywoodienne, grâce à son scénariste, American Gangster est propulsé au niveau supérieur et raconte comment les fondations de l’Amérique ont subi un profond glissement de terrain.





Littéralement en mettant en parallèle la vie de Lucas, emblème de la population afro-américaine, encore marquée par la ségrégation et celle de Roberts, spécimen modèle du trentenaire blanc urbain des 70’s. Heureusement, les demi-teintes apparaîtront vite pour dépeindre la complexité du fameux melting-pot. Et révéler l’ambition plus large du film, délibérément politique. Bien plus que l’alliance d’un polar façon Heat et l’ascension puis la chute d’un Scarface black, American Gangster raconte comment un code de valeurs traditionnelles (« honnêteté, intégrité, labeur, famille et ne jamais oublier d’où nous venons » comme l’énonce Washington/Lucas en début de film) ont fait place à un code du business, modelant de nouveaux héros prônant le profit à tout prix plutôt que la vertu. On reconnaîtra là, la patte de l’homme-clé d’American Gangster : Steven Zaillan.


Le scénariste renouant avec certaines thématiques de films qu’il a écrit (La liste de Schindler, Gangs of New York, Les fous du roi). Plus que Ridley Scott ou les deux comédiens – remarquables, quoique Washington aie tendance à abuser de ses habituels gimmicks de jeu- c’est lui, via un scénario qui force le réalisateur et ses stars à être en retrait, qui porte le film bien au delà de ce qui n’aurait pu être qu’un simple produit hollywoodien standardisé. Zaillan l’empêche d’être un divertissement pompier, préférant allumer par son discours sur des dérives américaines, d’autres incendies.


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