Blog A La Une : Che - 1ere Partie

Par tib20011 - 12 janvier 2009 - 0 commentaire(s)
tib20011 livre dans son blog une analyse du dyptique dantesque de Steven Soderbergh sur le Che, avec Benicio del Toro dans le rôle principal. Et apparemment, notre blogueur est tout simplement conquis.
Pour rappel, chacun est libre de créer son blog pour s'exprimer, avec une mise en avant spécifique des tests DVD, news, critiques cinéma, etc. Vous pouvez les illustrer à votre convenance, rajouter des liens, et réagir sur les blogs des autres.



Étant comme toujours un grand chanceux, le cinéma mi-indépendant mi-populaire du quartier organisait un événement exceptionnel en association avec le distributeur des films de Soderbergh : la possibilité de découvrir THE ARGENTINE et GUERILLA bout à bout comme à Cannes, où la moitié des journalistes plus idiots les uns que les autres n'ont pas compris qu'ils s'agissaient de deux films mis bout à bout pour une véritable expérience cinématographique. Et effectivement, entrer dans la salle et s'asseoir pendant 4 heures (avec entracte) est une vraie expérience qui nous fait regretter l'absence de GRINDHOUSE en France. Une expérience encore plus excitante étant donné qu'il s'agit là d'un chef d'œuvre gigantesque, de deux perles rares.



Tous les cinéphiles de la planète ont vu en Del Toro dès son apparition dans USUAL SUSPECTS qu'il ferait un parfait Che Guevara. Et le projet a mis du temps avant de se réaliser, sous la caméra hors-pair du surdoué Soderbergh qui ne cesse d'étonner (le traitement visuel d'un film « cool » comme OCEAN'S est parfait). La première partie est véritablement la pièce maîtresse de l'œuvre et celle dans laquelle on s'implique le plus. Brillant visuellement, magnifiquement bien écrit, THE ARGENTINE parle de la conquête de Cuba par Ernesto Guevara, ce jeune idéaliste qui suit les troupes de Fidel Castro et devient le recruteur alors qu'il voulait être au front. La grande force de Soderbergh est de ne jamais transformer le Che en héros. L'homme a fait des saloperies, a parfois une langue trop longue, et crée quelques scandales partout où il passe (les scènes en noir & blanc à New-York sont géniales). Mais à cette époque, pour les hommes qui l'ont suivi, il était un héros. Un héros qui prend l'assaut de Cuba et de la ville maire avec une force impeccable, dans une superbe séquence de guerre anarchique qui conclut le métrage de 2 heures.


Face à cette fresque foisonnante qui mélange présent et passé, et qui montre en fait la naissance du Che en tant que symbole, la deuxième partie montre sa dernière tentative de révolution ratée en Bolivie. Une deuxième partie très critique envers les intentions de Che et son impact sur la population locale. Le format et le rythme changent, et c'est ici un Che en bout de course que nous retrouvons. L'asthme va à nouveau le mettre dans des positions difficiles, il va tenter de se couper du monde pour former des hommes qui ne veulent que s'enfuir, et achètent leurs produits locaux dans des minuscules villages qui les trahissent plus souvent qu'ils ne le pensent. GUERILLA fait vraiment état de la déchéance du Che qui tente de se trouver une nouvelle identité pour éviter de s'attirer des ennuis. Et il finira arrêté, incapable d'affronter une armée immense comme il l'avait fait dans ses heures de gloire. Plus que la naissance et la déchéance, CHE parle aussi de la réussite et de l'insuccès de l'homme, non pas en tant que symbole mais en tant que soldat. Et c'est en ça que la deuxième partie est essentielle à la première, et que malgré l'apparente longueur du métrage (les deux parties ont vraiment une énergie différente), il reste un bijou qui va graver l'histoire.



Quant à Benicio Del Toro, il est vraiment à la hauteur des espérances, et on a vraiment l'impression de regarder des extraits inédits d'un documentaire perdu sur les expériences du Che. Il se cache totalement derrière son personnage, comme on pouvait l'attendre. Sans compter le paquet de seconds rôles qui le suivent : Catalina Sandino Moreno (MARIA PLEINE DE GRACE), Rodrigo Santoro (300), Edgar Ramirez (DOMINO), Victor Rasuk (LES SEIGNEURS DE DOGTOWN), Marc André Grodin (LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE), Joaquim de Almeida (24), Lou Diamond Phillips (BATS), Franka Potente (THE BOURNE IDENTITY), Julia Ormond (BENJAMIN BUTTON), Yul Vazquez (AMERICAN GANGSTER) et l'hilarant caméo allemand de Matt Damon. Impossible de ne pas défendre ces deux chefs d'œuvres qui sont déjà au top de 2009.

Note : 10/10



tib20011

Mag : plus d'actu sur Che - 1ère partie : L'Argentin

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