Par jp33 - publié le 05 septembre 2008 à 03h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h01 - 0 commentaire(s)
L’été cinématographique arrive à sa fin. Alors qu’en est-il ? Y’avait-il de quoi se mettre sous la dent ? Eh bien oui ma chère Lucette ! Sur les dix huit films déjà chroniqués, seuls six ne m’ont pas convaincu voire énervé. Une bonne moyenne en somme ! Voici une dernière fournée de six films qui font grimper l’addition à vingt quatre. Tout d’abord commençons par le retour en grâce de Mike Leigh, le peintre social. Après un académique Vera Drake, il revient à ce qu’il fait de mieux : la chronique contemporaine. Avec Happy Go Lucky (Be Happy chez nous) il narre les aventures du jeune anglaise ultra heureuse. Poppy sourit tout le temps, se rit de tout et croque la vie à pleine dent. Mais Poppy va tomber sur un os : un moniteur d’auto-école particulièrement énervé. Allergique à la fantaisie de Poppy, il va lui mener la vie dure. Une ombre à son petit monde parfait...



Tout d’abord, même si on entend ici et là, la Amélie Poulain française, rassurez-vous, Happy Go Lucky n’aborde jamais son sujet comme Jeunet. Poppy n’est en rien une Amélie anglaise. Elle est complètement dans un monde réaliste. C’est juste une volonté de sa part (et aussi beaucoup sa personnalité) de voir le monde comme cela. Elle rit donc beaucoup - ce qui avouons le au début est un peu horripilant – et essaie tout le temps d’arrondir les angles même si cela n’est toujours pas faisable. La vraie originalité du film vient des scènes de conduite. Filmé dans la voiture, on a bien l’impression d’y être ! Pour qui se rappelle l’horreur des cours de conduite avec un enfoiré, ces scènes sont d’un réalisme troublant. Et Leigh n’oublie jamais de peindre son pays avec son humour et son amour pour les petites gens toujours intacts. Lorsque l’on repense à son chef d’œuvre palmé (Secrets ans Lies) on ne peut s’empêcher de se dire que le cinéma sans Leigh ne serait pas le même. Formidable directeurs d’acteurs, il nous fait découvrir une Sally Hawkins exceptionnelle de naturel qui n’a pas volé son prix à Berlin. Quant à Eddie Marsan (vu récemment en méchant dans Hancock), il prouve définitivement l’étendue de son jeu. Sur la corde raide entre nervosité et renfermement, il compose un moniteur exécrable qu’on n’est pas prêt d’oublier. L’avant dernière scène (je ne vous la raconterai pas) est géniale. Happy Go Lucky est un bonheur de film.



Autre réussite : L'empreinte de l'ange. Réalisé par Saffy Nebbou, découvert il y a maintenant quatre ans grâce au poignant Cou de la Girafe, ce nouvel opus, toujours interprété par Sandrine Bonnaire, est une confirmation de son talent de cinéaste. Nebbou a un vrai regard, ne cédant jamais à l’américanisation, à la mode ces derniers temps, ou à la réalisation téléfilm, de coutume dans le cinéma français. Avec de gros plans qui privilégie la contemplation des visages des actrices, Nebbou arrive à saisir l’intériorité de ses personnages. Elsa (Catherine Frot) a perdu sa petite fille sept ans auparavant. Un jour elle voit une enfant qu’elle pense être la sienne. Malheureusement c’est la fille de Claire (Bonnaire) qui ne voit pas au début qu’Elsa est très fragile. Sur cette trame déjà vue, inspirée d’une histoire vraie, Safy Nebbou va construire (avec Cyril Gomez Matthieu) un drame psychologique qui va se nouer crescendo entre les deux femmes. Le suspense en filigrane (est-elle folle ? A-t-elle raison ?) avance progressivement et vous noue subtilement la gorge. Bon allons-y tout de go : Bonnaire est très bien as usual et Frot fait des merveilles avec ce rôle de femme fragilisée par la vie. A coup sûr l’un des meilleurs duo/duel de l’année. A quand les Césars ?


Trois sympathiques divertissements pour suivre. D’abord rayon horreur, genre que j’apprécie tout particulièrement qu’en il est fait par des gens talentueux, avec Rogue (Solitaire en vf) par Greg McLean. L’australien, qui nous avait régalé d’un Wolf Creek (2005) très efficace change de sous genre. Après le survival, il passe au film de monstre aquatique : le crocodile. Il est marrant de voir que son premier succès était un hommage au Texas Chain saw de Tobe Hooper, qui réalisa lui-même trois ans après un film d’horreur avec un crocodile (Eaten Alive). Evidemment, malgré cette coïncidence, on souhaite une toute autre carrière au jeune cinéaste car le père Hooper, à part un excellent Poltergeist qui devait beaucoup à Spielberg, n’a pas vraiment eu une carrière très folichonne.



Revenons à Rogue (ah ces digressions…) ! Petite série b assumée et ultra efficace, Rogue bénéficie de la précense de la magnétique Radha Mitchell (Silent Hill) et de celle plus dispensable de Michael Vartan, déjà has been. Scénario simple (des touristes attaqués par un vilain croco) mais trouillomètre qui monte crescendo jusqu’au final honorable. Un bon divertissement, plus digeste que le film de Hooper. Seconde petite toile à se faire : Leur morale… et la nôtre. Comédie de l’ancienne scénariste de Chatiliez (Florence Quentin), qui n’a jamais fait de super films (J’ai faim !!! et Olé, bof bof), Leur morale… continue dans le même sillon : réalisation téléfilm mais ici le scénario est plus piquant (un couple de radins racistes court après un héritage). On s’amuse surtout du plaisir pris par Victoria Abril et André Dussolier à jouer ce couple antipathique qui fait immédiatement écho aux comédies italiennes 70’s. Franchement un sympathique divertissement qui ne va pas loin mais qui détend et fait plutôt sourire. En revanche Micha Lescot (le fils) est aussi ridicule que mauvais. C’est simple, à chacune de ses scènes, on a envie de le baffer. Autre comédie, romantique celle là, faite par un spécialiste (Griffin Dunne) qui après Addicted to Love et Practical Magic, prouve son attachement à ce genre. The Accidental Husband est un bonbon calorique mais qui fait plaisir à déguster. Prévisible et charmant grâce à Uma Thurman et Jeffrey Dean Morgan notamment, le film nous ressort Isabella Rosselini et Sam Shepard du placard. Que demande le peuple ?



Quant à You don’t mess with the Zohan (Rien que pour vos Cheveux en VF), il prouve une bonne fois pour toutes que Punch-Drunk Love et Click sont deux accidents de parcours dans la carrière très médiocre d’Adam Sandler ! Mal filmé et mal éclairé, le film est une vraie bouse. Ni plus ni moins !


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