La chauve souris est une sale bête d'autant plus qu'elle adore l'obscurité, Résultat des courses prés de 670 salles squattées par une chauve souris contre à peine 40 pour un animal qui pourtant en impose autrement au niveau du respect à savoir le crocodile, C'est un fait Solitaire le second film de Greg McLean se retrouve complètement noyé dans la tourmente du chevalier noir, Et comme le film de Christopher Nolan va être largement commenté, analysé, critiqué à longueur de blog je vais prendre le contrepied de tout le monde pour défendre l'excellente petite série B de Greg McLean.
Solitaire,
Rogue pour le titre originale, est le second film du réalisateur australien Greg McLean après le foutrement bon
Wolf creek sorti en 2006, Il y'à d'ailleur beaucoup de ressemblance et de parallèle à effectuer entre les deux films, Certains parleront sans doute de redite là ou je préfère clairement parler d'un cinéaste possédant déjà un univers, Solitaire raconte l'histoire d'un homme parti en excurssion sur un fleuve d'Australie à la découverte des crocodiles et qui va se retrouver avec d'autres touristes au prise avec un terrifiant prédateur, Des le départ on retrouve partiellement l'univers de Wolf creek , dans les deux cas se sont des touristes , dans les deux cas ils viennent découvrir la beautée d'espaces naturels quasiment paradisiaque et hors du temps et dans les deux cas le paradis se révélera être un enfer quand les héros passent du stade de touristes à celui d'intrus sur le territoire d'un prédateur.
Tout comme dans
Wolf creek, Greg McLean concentre la première partie de son film à décrire et donner de l'épaisseur à ses personnages, à les introduire tranquillement dans le récit les révélant à mesure qu'ils s'intègrent dans le décor , surtout il réussit à installer une forme d'empathie entre le spectateur et ses personnages et cela malgré le manque d'épaisseur de certains caractères assez archétypaux, Greg McLean filme aussi l'Australie avec beaucoup d'amour, au fil de superbes plans aériens et des paysages il décrit un univers magnifique et sauvage, Cela pourrait sembler n'être que des détails mais ils sont révélateur d'un fait McLean aime tout bêtement ce qu'il met à l'écran.
Vers le milieu de son récit Greg McLean introduit un événement qui va transporter ses protagonistes vers un endroit ou il n'auraient jamais du se rendre, Dans
Wolf Creek c'est une panne et une situation de détresse qui va faire venir le prédateur vers les jeunes et dans Solitaire c'est un appel de détresse qui conduit les personnages vers le prédateur, Dans Solitaire Greg McLean livre alors un plan magnifique lorsque le bateau s'enfonce doucement vers l'antre du crocodile, le ciel s'assombrit et se reflète sur les eaux du fleuve , le bateau semble alors s'enfoncer dans l'obscurité et quitter ainsi la face lumineuse du décor et du récit pour entrer en enfer.
Après le naufrage du bateau c'est avec une économie de moyen et d'effets que Greg McLean installe une véritable tension et les enjeux du film, Les protagoniste se retrouvent prisonnier sur le territoire d'un crocodile dévoreur d'hommes, sur un ilot minuscule qui disparaît lentement sous l'effet de la marée (dans
Wolf creek les protagoniste se retrouvaient aussi piégés sur le territoire du tueur), L'immense plaisir à suivre Solitaire des cet instant réside alors dans le constant contrepied que Greg McLean offre au spectateur ( au singulier solitaire etant aussi valable de l'état dans lequel on se sent lors d'une projection), Difficile d'en dire beaucoup sans trop en révéler mais Solitaire évite bon nombres des pièges dans lequel il aurait pu facilement sombrer, Conscient que les monstres les plus effrayant sont ceux qu'on imagine Greg McLean n'exhibe jamais gratuitement son crocodile (très réussis d'ailleur) comme une démonstration d'effet spéciaux, Le croco n'apparait jamais au moment ou on attends qu'il arrive pour des raisons cinématographiques, un peu comme si Greg McLean respectait le rythme de l'animal, Le film aurait pu tout aussi bien s'engager dans un schéma ultra mécanique avec un crocodile éliminant les survivants les uns après les autres... mais McLean aime sans doute trop ses personnages pour les sacrifier sans raison, Le crocodile ainsi que la menace qu'il représente servira alors surtout de révélateur aux personnages que ce soit dans leur faiblesses, leur héroïsme ou leurs sentiments, Le final renversera pour un temps les rôles l'homme devenant pour sa survie le prédateur de la bête tout comme dans
Wolf creek.
Solitaire est donc un film droit dans ses bottes d'australien qui n'abuse jamais du moindre effet gratuitement, refusant le gore pour le gore, rejetant le spectaculaire pour le fun, ne faisant jamais passez ses effets spéciaux avant le récit... Beaucoup trouveront sans doute que Solitaire est trop lent, tro bavard, pas assez spectaculaire ou sanglant mais Greg McLean livre avec son second film une série B très classique à moins que ce ne soit déjà un classique de la série B.
Note : 7/10