Par Vincent Martini - publié le 09 mai 2008 à 10h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h47 - 0 commentaire(s)
Votre rendez-vous court du vendredi revient fidèle au poste afin de vous faire découvrir de nouvelles oeuvres éclectiques, originales, divertissantes et funs. Nous souhaitons ainsi offrir une tribune à ces créations qui révèlent bien souvent une partie des réalisateurs de demain. Vous pouvez bien entendu poster vos réactions et questions au sujet des courts visionnés ici ; leurs auteurs se feront un plaisir d'y réagir.
Nous espérons ainsi vous faire découvrir les premières oeuvres des auteurs de demain et qui sait ? Peut-être des futurs grands réalisateurs ...



Dans l'oeuvre d'aujourd'hui, il est question d'un couple n'arrivant plus à se retrouver. L'homme est très souvent absent, pragmatique, cartésien absolu alors que sa compagne aspire à plus de fantaisies. Arrivera-t-elle à entraîner son homme vers d'autres horizons ?


Nous vous recommandons de visionner ce court-métrage avant de lire l'interview page suivante afin d'éviter d'éventuels spoilers.


Pouvez-vous nous rappeler votre parcours d’hier à aujourd'hui ?
Je suis diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Crazy Glue est mon quatrième court-métrage. C'est aussi ma première adaptation. Le scénario est tiré d'une nouvelle d'Edgar Keret, le réalisateur de Les méduses camera d'or à cannes en 2007.

L'homme et la femme du film sont fascinants, comment avez-vous choisi ces deux acteurs ?
Alex (Olivier Clastre) est un acteur (et ami) avec qui j'ai travaillé dès mon premier court-métrage. Depuis Il a fait des apparitions dans chacun de mes films. Crazy Glue était l'occasion pour nous de travailler ensemble sur un rôle plus important, D'autant qu'il y a chez Olivier un côté lunaire qui correspond à ce que je cherchais pour ce rôle. Rachel (Elsa Motin) a été plus difficile à trouver parce qu'il me fallait quelqu'un de très physique pour rester belle en passant une journée à l'envers... D'ailleurs une étape cruciale et cruelle du casting a été de faire mettre les actrices la tête en bas pour voir si leur visage résistait à l'apesanteur... C'était le cas pour Elsa ! Elle a en plus ce côté très naturel dans son jeu qui me plaisait pour le personnage féminin. Dans les deux cas, il me fallait des acteurs qui installent leurs personnages très vite, parce que j'avais peu de temps pour raconter mon histoire. C'est le film le plus court que j'ai fait, et rétrospectivement c'est un exercice vraiment particulier.



Dans Crazy Glue, il est évident que la question du couple et de ses paradoxes vous passionne, croyez-vous que les hommes et les femmes soient faits pour vivre ensemble ?
C'est une question éternelle qui a au moins le mérite d'alimenter une grande partie de la production artistique... En ce qui me concerne et par rapport à Crazy Glue, c'est à la fois la question que m'a posé cette histoire (par rapport à mes expériences) et l'onirisme de la situation qui m'a séduit au départ. La nouvelle est une histoire très courte qui doit faire 3 pages. En reposant le livre, je n'ai pas pu m'empêcher de m'interroger. Que penser de cette scène de fin ? Alex est-il bien comme ça, collé à la bouche de Rachel ? C'est ce questionnement que cette histoire a provoqué en moi que j'avais envie de partager. En définitive je trouve que cette histoire nous incite à réfléchir aux raisons de notre attachement à l'autre et évoque l'idée qu'on devrait peut-être parfois penser à varier l'angle de vue que l'on a sur l'objet de notre amour...

La gestion de l'espace et les tracas du couple me rappellent lointainement le film coréen Locataires de Kim-Ki Duk, avez-vous vu ce film ?
Oups... Non je n'ai pas vu ce film.

Les mouvements de caméra sont récurrents dans Crazy Glue et m'ont intrigué, était-ce votre façon d'illustrer l'immobilité du couple, une difficulté de se retrouver ?
Alex est en flottement dans ses histoires amoureuses. Il ne sait plus ce qu'il veut, ou tout simplement il ne veut plus rien et se laisse porter. La scène du baiser à la fin est elle même une scène en apesanteur. Au départ, spontanément, je voulais travailler tout le film avec un Steady Cam. Mais c'était finalement trop compliqué, et la scène finale nécessitait pour des raisons techniques un cadre fixe. En définitive, j'ai finalement essayé de rendre cette idée du flottement en utilisant le plus possible le mouvement dans le film.



Votre court a-t-il été projeté en festival ? Qu'attendez-vous des projections publiques en festival ?
Pour l'instant Crazy Glue n'a pas été sélectionné, mais c'est vrai aussi qu'il a été terminé récemment. En tout cas la destination d'un court-métrage c'est bien sûr les projections publiques. C'est là que c'est intéressant de finalement partager avec d'autres le fruit d'une ou deux années de réflexion et de travail. Mais pour moi le vrai bonheur reste quand même dans les affres de la création !

Pour finir, quel serait le premier conseil que vous donneriez à un jeune réalisateur qui nous lit ?
Je ne sais pas si je pourrai donner un conseil à quelqu'un, J'ai moi même l'impression de faire chaque fois mon premier film... En tout cas les deux choses que j'ai apprises et que je mets en oeuvre sur chacun de mes films, c'est tout d'abord de faire une confiance aveugle à mes intuitions, et surtout de profiter du talent de mes collaborateurs...




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