Prévu en DVD le 23 Janvier prochain,
The Quiet est un inédit avec Elisha Cuthbert méritant plus que le détour. Attention, derrière des apparences de film léger se cache un film ambitieux.
The Quiet, c'est le calme. Celui qui précède la tempête, mais aussi celui qui le suit. Comme si les clashs sociaux n'étaient qu'un infime trait d'union dans un univers moins chaotique qu'on le désespère, confirmant ainsi que le monde est fait de tout et son contraire à l'heure où il donne l'image d'être une goutte de bonheur dans un océan de catastrophes. L'illusion, les faux-semblants et l'embellie sont donc les maîtres étalons d'un petit film qui trompe déjà sur sa façon de communiquer via un système marketeux un peu malhonnête promettant un "teen movie" sulfureux via une Elisha Cuthbert flirtant avec les plaisirs lesbiens histoire d'exciter les ados en manque de libido, et dont le maigre espoir d'apercevoir un téton sera le seul leitmotiv. Ces derniers risquent de déchanter parce que non, nous ne sommes pas devant un potentiel
Sex Intention bis faussement libidineux – la seule femme nue du programme sera paradoxalement la moins sensuelle. Bien que, oui, les petits jeux malsains et pom-pom-girls en goguette sont au programme d'un portrait bien malheureux de ces rêves illusoires reposant sur le paraître, cachés sous un drame moral bien sombre, parvenant à ne basculer ni dans le pathos ni dans la vulgarité. Du coup, à défaut d'être fasciné, on est plutôt agréablement surpris.
Derrière la caméra se cache une certaine Jamie Babbit à qui l'on doit quelques épisodes de
Nip Tuck et
L Word, ainsi qu'une collaboration active à l'écriture de
The Game de Fincher. Ce qui permet alors de mieux comprendre cet habile jeu de surface, où la gentille et jolie Kim Bauer de
24 se prend déjà au jeu glauque de tailler ici un maximum de pipes aux basketteurs du bahut pour faire mieux que ses copines dans le seul et unique espoir de cacher un quotidien autrement plus macabre. Sous couvert de la subjectivité d'une sourde-muette fraîchement recueillie, nous plaçant en spectateurs privilégiés des coulisses d'un
american way of life familial,
The Quiet lève le voile des gloss et minijupes pour découvrir l'inceste parental plus que suggéré, la mort, le viol et une vraie
Desperate housewife shootée à la cocaïne pour ne plus entendre les orgasmes incessants de sa progéniture et celui qui lui servait jadis de mari.
La vraie bonne idée du film, c'est d'avoir justement choisi Elisha Cuthbert pour ce qu'elle semble avoir toujours été, une nunuche dont le charisme reposait sur le décolleté, et lui offrir un contre-emploi multiple faisant progresser cette dernière sur 80 minutes. Ca commence gros, une très grosse caricature même, pour judicieusement affiner certaines ficelles qui tomberont finalement loin du piège qui leur était tendu. Jamais une larme de trop, un truchement du langage lui faisant dire plus de cochonneries qu'elle n'en fait à l'écran noyé dans la glaciale
Sonate au clair de lune de Beethov (ça fait toujours son petit effet), et finalement une intrigue joliment enivrante permettent à la comédienne et tout son petit univers – comprendre par là son Yang, Camilla Belle, qui ne pipe mot - de nous convaincre d'être devant un film honnête. Sombre, jonglant bizarrement avec les valeurs, techniquement pas toujours inspiré mais honnête et surtout loin de l'idiotie redoutée.
Sans encore être le petit frère du génial
American Beauty,
The Quiet trahit les traits d'un cousin germain perdant tout cynisme ou humour, mais qui n'hésite pas à afficher la photo d'une Amérique qui aurait bien aimé rester cachée, avant de sauvagement la déchirer. Gare aux apparences…
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