Par Arnaud Mangin - publié le 29 août 2006 à 06h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h07 - 4 commentaire(s)
Si, sans faire de mauvais esprit, on peut d'ores et déjà annoncer qu'il n'y a strictement rien à voir dans Hollow Man 2 et son histoire d'hommes invisibles (car ils sont deux cette fois-ci), ce téléfilm réellement bas de gamme nous permettra néanmoins de grandement relativiser sur le dernier film américain en date de Paul Verhoeven. Injustement boudé et trop sévèrement jugé sur son parti pris formel au détriment d'une histoire démarrant sur les chapeaux de roues à travers les vices du plein pouvoir, pour ne s'achever que dans un ersatz supplémentaire d'Alien, le réalisateur ne s'est certes contenté que de faire du spectacle, mais un spectacle rondement mené. On s'en souvient encore, les effets spéciaux demeurent stupéfiants et cherchent sans cesse le gag efficace pour donner forme à un Kevin Bacon à la fois ici et ailleurs. Eau, sang, latex liquide, fumée et autres éléments réinventaient la sensation de voir, ou sentir ce personnage spectral sans ne jamais concrètement le dévoiler, mais surtout sans réutiliser les ficelles d'un autre temps où les chapeaux flottaient dans les airs à l'aide d'un fil de nylon. Outre son statut de producteur exécutif, le seul lien du réalisateur avec cette suite ne se limitera qu'à un caméo sur une coupure de journal.

Ensuite, c'est un autre univers.


Evidemment, on n'attendait plus grand-chose d'une suite, surtout sans cet exceptionnel artisan derrière la caméra et encore plus lorsqu'il s'agit d'un direct-to-video (le 2.35 ne dupe personne), mais nous étions néanmoins en droit de découvrir une série Z tentant de dépasser les limites techniques de son modèle histoire d'en mettre plein la vue. Peine perdue, l'étrange politique du "Faisons la même chose mais en moins bien" revenant ici de plus belle au service d'une intrigue policière résolument anesthésiante - une protection de témoin - et ne s'intéressant même pas à son fameux hollow man relégué au rang de bad guy insipide, interprété par un Christian Slater confirmant qu'il est la version pauvre de Kevin Bacon et dont la présence à l'écran ne se limitera qu'à un flashback.


Nul de chez nul sur le papier, et dont le scénario rigolo de lutte entre deux hommes invisibles ne tiendra sa promesse que dans les 3 dernières minutes, Hollow Man 2 se gaufre surtout(/également) dans une forme rétrograde d'imagerie où moyennant quelques effets bon marché on essaye encore de nous impressionner avec des portes qui s'ouvrent toutes seules, des escaliers qui craquent, des objets qui volent (mais dont l'extrémité sort du cadre) ou alors des petits effets 3D pas particulièrement mal fichus en l'état, mais trop rares, trop mal intégrés, et donnant surtout l'impression de n'être qu'une démo de ce qui a été fait dans le premier film. Seule l'empoignade finale sous la pluie ressemblera à quelque chose.


Même pas un nanar parce que jamais grotesque, mais malheureusement jamais drôle non plus, Hollow Man 2 s'impose comme le produit vidéo inutile du moment, brillant par son absence totale d'audace, d'imagination et d'une certaine magie qui régnaient malgré tout dans le film de Verhoeven, et donc indigne de son titre. A oublier, en admettant que l'on s'y soit intéressé un temps soit peu…
Vos réactions


logAudience