Par François-Cyril Géroult - publié le 06 octobre 2005 à 04h02 , MAJ le 24 septembre 2009 à 17h36 - 11 commentaire(s)
Des écrans plats, des écrans plats et encore des écrans plats ! Voilà ce que nous avons pu admirer sur cet immense salon européen dressant le panorama du matériel Home Cinéma à venir dans nos chaumières dans les prochains mois. Et quel type de signal était diffusé à votre avis… de la Haute Définition, rien que de la HD, à quelques rares exceptions près !
HD READY, DE LA POUDRE AUX YEUX ?
Avant tout, voici un petit rappel des critères définissant un écran, un vidéoprojecteur ou un rétroprojecteur "prêt pour la Haute Définition" et donc répondant au label HD Ready :
une résolution minimale de 720 lignes au format 16/9
une connectique qui doit proposer des entrées YUV et DVI, ou YUV et HDMI, compatibles avec le système anti-copie HDCP
une compatibilité avec les signaux HD 720p et 1080i
En pratique, une fois ces trois points respectés, les constructeurs peuvent coller un bel autocollant HD Ready sur leurs produits compatibles. Ce qui pour nous, pauvres français privés de toutes sources HD pendant encore quelques mois, n'est qu'un argument marketing de plus. Il est certes de bon ton de savoir qu'au moment du choix de son nouveau diffuseur, celui-ci acceptera dans un futur - que l'on espère proche - tous les signaux HD. Bien, mais aujourd'hui, j'en fais quoi de ma super télé avec les signaux SD (Standard Définition, celle du DVD) émis sur le câble, le satellite ou plus récemment la TNT ? Et bien je prie pour avoir fait le meilleur choix parmi tous les beaux produits HD Ready du moment, à savoir un appareil doté d'un traitement de mise à l'échelle du signal SD absolument irréprochable.
Techniquement, cela revient à transformer une image de définition standard, soit 720 x 576 pixels, en une image dont la résolution s'adapte précisément à celle du diffuseur , comme par exemple en Plasma ou LCD : 1366 x 768 pixels ou 1024 x 720 pixels ou encore 1920 x 1080 pixels. Le résultat de cette transformation numérique n'est pas toujours une franche réussite, même si les constructeurs y travaillent de plus en plus sérieusement et efficacement.
La dernière trouvaille technologique concernant ce problème est signé Sharp, grand spécialiste de l'écran LCD, qui a pris le problème à l'envers. Au lieu de trafiquer les images pour augmenter artificiellement le nombre de pixels d'un signal SD, ce constructeur a préféré créer une dalle dont la résolution native s'adapte parfaitement aux normes européennes Pal/Secam. Ainsi, la série P50 inaugurée à l'IFA permet la restitution fidèle d'un signal vidéo standard sans aucun recalcul complexe. La définition de cette nouvelle dalle LCD au format 16/9 est de 540 lignes, soit la partie utile et visible d'une image SD de 576 lignes. Ce choix précis n'est évidemment pas fait au hasard, puisque 540 lignes en HD c'est exactement ¾ de de 720 et la moitié de 1080. Pas de calcul complexe en vue donc, ce qui garantie une compatibilité avec les signaux HD 720p et 1080i, sans pour autant pouvoir prétendre au fameux label HD Ready ! En effet, si la gamme P50 dispose de connexions YUV et HDMI, elle n'offre pas les 720 lignes requises pour être "prête pour la HD" dans le sens marketing du terme… Trois tailles d'écran sont disponibles, respectivement 26, 32 et 37 pouces (du 66 au 94 cm) : LC-26P50E à 999 €, LC-32P50E à 1399 € et LC-37P50E à 1999 €.
Maintenant, si vous souhaitez absolument investir dans un écran HD Ready, les nouveaux modèles ne manquent pas ! Histoire d'offrir une gamme LCD complète, Sharp propose la série GA6 avec une entrée PC VGA et un tuner radio intégré, label HD Ready de rigueur cette fois, tout comme la série GD7 qui intègre quant à elle un tuner TNT et un tuner satellite compatible CanalSat et TPS. Et si vous souhaitez épater les copains, le LC-65GD1E propose une résolution full HD de 1920x1080 pixels. Et oui, 165 cm de bonheur visuel pour la modeste somme de 20 000 € (disponible à partir de novembre).
Quitte à ne parler que LCD, nous avons découvert un prototype d'écran très étonnant qui offre deux angles de vision : on peut ainsi voir deux programmes différents sur la même TV ! Comment ? Tout simplement en se plaçant à gauche ou à droite de l'écran. Seule limitation technique, la définition de l'image se trouve réduite de moitié. Un concept intéressant dont les applications semblent sans limite : jeu vidéo à deux en plein écran au lieu d'un split screen frustrant, foot pour monsieur et film romantique pour madame, ou encore en voiture GPS pour le chauffeur et DVD pour le passager. Reste encore le problème du son à régler dans le cas de deux programmes différents, problème qui pourra sûrement se résoudre avec un casque ou deux.
La prochaine partie de ce dossier sera consacrée aux nouveautés Plasma et LCD présentés à l'IFA. Retrouvez en attendant quelques photos complémentaires à cet article dans les pages suivantes :