Fils de Talia Shire, vue dans
Le Parrain et sœur de
Francis Ford Coppola, Jason Schwartzman fait partie de la bande du réalisateur de
Apocalypse Now et a pris pour habitude de fréquenter ses cousins,
Nicolas Cage, Roman et Sofia Coppola. Enfant de la balle, on l’a vu dans
CQ,
Marie Antoinette, I heart Huckabees mais aussi
A bord du Darjeeling Limited en compagnie de deux nouveaux frères, paumés comme lui, Adrien Brody et
Owen Wilson. Le résultat, réalisé par Wes Anderson, est une merveille de poésie, de sensibilité et d’intelligence, largement défendu dans nos colonnes lors de sa sortie en salles.
Vous avez travaillé avec Wes Anderson sur Rushmore. Et vous rempilez comme coscénariste sur A bord du Darjeeling Limited. Vous n’arrêtez plus ! Tout d’abord, Wes m’a dit qu’il n’était intéressé par faire du cinéma qu’avec ses amis. A son niveau, je ne veux avoir que de bons souvenirs et de bonnes expériences. Si je pouvais avoir comme lui la possibilité de faire du cinéma comme ça, je ne me priverai pas. En fait, c’est drôle. Les gens m’assimilent à son travail alors que je n’ai pas travaillé avec lui depuis presque dix ans. En revanche, c’est le seul réalisateur avec lequel j’ai travaillé à deux reprises. D’autres artistes appartiennent encore plus à son univers, je pense à
Owen Wilson qui a travaillé avec lui sur tous ses films. Certains fans de Wes sont venus en voir en me tendant le DVD de
La famille Tenenbaum pour que je le signe alors que je n’ai pas joué dans celui-là.
Comment travaille-t-on comme coscénariste et acteur ? C’est difficile d’expliquer comment tout ça s’est déroulé. C’est venu de plusieurs éléments. Wes a été en Inde pendant dix jours, genre deux mois avant que l’idée nous arrive de situer l’action là-bas. Wes, Roman et moi-même avons décidé d’aller là-bas pendant un temps et ne pas revenir aux Etats-Unis tant que nous n’avions pas fini l’écriture du scénario. Avouez que la perspective est assez excitante. Sur le papier, nous avions des tonnes d’anecdotes que nous avions nous-mêmes vécus. Il y a une scène dans le film où l’un des personnages dit : « je veux que nous acceptions tout ce qu’on nous demandera ». Et c’est ainsi que nous avons travaillé là-bas et que nous avons utilisé ce que nous avions vécu pour nourrir la substance du script.
L’Inde semble un cadre inattendu pour un film de Wes Anderson… Puis-je dire deux choses ? Au départ, il ne savait pas lui-même ce qu’il faisait. Il avait juste des envies. Wes voulait écrire avec Roman et moi, voulait que ce soit le scénario le plus honnête que nous puissions écrire, basé sur des événements qui nous sont arrivés. Il voulait aussi que ce soit tourné dans une équipe réduite, dans un vrai train, sans équipe de maquillage, sans lumière Hollywoodienne, pour créer un vrai dépaysement. Je pense que Wes a cherché à être le plus instinctif possible en prenant en compte les contingences d’un tournage. Quand vous regardez bien le film, vous vous rendez compte que les figurants regardent tous la caméra et pourtant ça ne pose pas de problème.
Qui a travaillé la musique du film ?Wes, tout seul. Il a choisi la musique des films de Satyajit Ray et c’est en grande partie à cause de ses films que nous sommes allés nous perdre en Inde. Quand Wes était adolescent, il ne faisait que regarder ça. Ce sont ces films indiens qui lui ont donné envie de devenir réalisateur. Donc quand nous sommes allés en Inde, c’est la musique que nous écoutions déjà lors de l’écriture du scénario.
Comment et pourquoi avez-vous incrusté le court-métrage Hotel Chevalier au début, comme un prologue ?
Nous avons écrit le scénario de
A bord du Darjeeling Limited pendant pratiquement deux mois et nous avions d’autres scènes écrites que nous n’avions pas incorporés. A un moment donné, il m’a appelé, m’a lu Hotel Chevalier au téléphone et j’ai adoré. J’étais déconcerté parce que je ne comprenais pas le sens de cette scène (deux anciens amants se retrouvent) par rapport au reste qui parle de la relation entre trois frères. Il m’a alors expliqué que ce serait le même personnage que je joue dans
A bord du Darjeeling limited mais un peu avant, et qu’il y aurait
Natalie Portman. Il était prévu dès le départ que le film soit comme un court-métrage en introduction. A aucun moment, il ne devait être inclus dans le bloc. On a tout fait en sorte pour que ça ne paraisse pas prétentieux, ni que ça révèle trop d’éléments sur la dramaturgie de
A bord du Darjeeling Limited.