Par David A. - publié le 12 août 2008 à 03h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h15 - 1 commentaire(s)
Jeune label très dynamique, Anima propose aujourd’hui aux mordus de l’animation un catalogue original et exigeant couvrant un large éventail des genres et des styles. Présent pour la seconde année consécutive dans les allées du Japan Expo, nous en avons profité pour nous entretenir avec le chef de la bande, Franck Claisse, qui nous parle d’un premier bilan après près de deux années d’activité et des choix éditoriaux pratiqués pour se constituer un public fidèle au rendez-vous.


Nous avions chroniqué quelques uns de vos titres dernièrement, entre autres « Boys be… », « Haruka » et « Shurato » et nous vous avions rencontré lors de la précédente manifestation du Japan Expo en juillet 2007, quel est le bilan de l’année écoulée ?
Cela fait un peu plus d’un an et demi que l’on existe et nous avons commencé à sortir nos premiers titres en juin 2007, nous suivons quinze licences déjà et l’accueil est très bon auprès du public. On essaye de toucher un large public par une sélection variée de titres. « Higurashi », qui était l’un de nos premiers, se vend toujours très bien actuellement. Le bouche à oreilles fonctionne très bien, de nouvelles personnes viennent constamment découvrir nos titres qui ne sont pourtant pas les plus connus sur le marché. C’est un vrai point positif pour nous. Notre politique plaît aux fans et on veut rester un éditeur qui pense à son public.

Quelle est la ligne éditoriale sur le choix des titres ?
Les gros shônen tout le monde se bat pour les avoir et ces titres atteignent tout de suite des prix exorbitants. Nous recherchons des titres moins fameux mais qui possèdent néanmoins de bons scénarios et qui présentent une originalité, qui changent de l’ordinaire. Pour cela nous faisons beaucoup de recherches. Nous acquérons certains titres sur la qualité de leurs premiers épisodes et parfois ces titres gagnent en puissance comme c’est le cas avec Higurashi qui n’était pas connu à la base. Ghosthunt a également de grosses possibilités sur le domaine du paranormal. Des séries sur ce sujet il n’y en a pas beaucoup et nous croyons vraiment à ce titre. Avec lui nous essayons d’amener un nouveau style, un nouveau genre. Cela ne nous empêche pas d’aimer les titres un peu plus loufoques ou déjantés tels que Daimaho toge ou encore Bokusastu tenchi dokuro-chan. Avec tout cela nous essayons de garder une politique de prix abordables. Nous préférons vendre beaucoup de titres pour faire plaisir à beaucoup de personnes et gagner peu que de vendre un nombre restreint de titres et binder les prix. Chez nous un épisode d’une série se vend environ trois euros. Certains éditeurs montent cette moyenne à dix euros par épisode. Nous sommes vraiment à l’écoute des fans. Avant nous avions l‘habitude de faire systématiquement une VO et une VF sur chaque titre comme ça le consommateur avait tout d’un coup, mais certains fans se sont plaints parce qu’on leur imposait de payer la VF alors qu’ils n’en voulaient pas. Nous avons compris le message donc avec Ghosthunt par exemple, nous sortirons un pack en VOST seulement à petit prix pour ceux qui le désirent, et une version collector avec la VOST et la VF deux mois après. Ainsi personne n’est déçu. Sur les différentes versions nous communiquons dès le début, il ne s’agit pas de surprendre nos consommateurs sur la sortie des différentes coffrets. Nos jouons cartes sur table avec les fans de japanimation. Jusqu’à maintenant le public répond présent.


Au sujet des bonus, ils seraient présents sur quelles versions ?
Pour des bonus filmés, ils seraient présents sur les deux versions, aussi bien la version uniquement disponible en VOST que sur la version collector VOST et VF. Pour les bonus papier, type livret, seulement sur la version collector.


Quels ont été les deux ou trois titres porteurs de votre label ?
Etonnamment tous nos titres se vendent bien. Certains sortent du lot comme Higurashi, qui est vraiment notre fer de lance, Tale of Phantasia également dans le registre de l’heroic-fantasy, pour ce titre nous n’avons pas eu à faire un gros travail de communication tellement le titre en soi était porteur. Il y a également Bakusastu tenshi Dokuro-chan qui nous a agréablement surpris. Nous pensions devoir travailler le titre pour que les gens le découvrent et en fait il a explosé tout seul ! Côté nostalgique ce fut Shurato qui a dépassé nos espérances. Nous savions que le titre plairait mais pas aussi vite et aussi bien. Nous développons Haruka, que je trouve personnellement très sympa mais dont le succès reste à confirmer.


A l’inverse certains titres ont-ils été des déceptions ?
Nous n’avons pas de grosses déceptions. Certains titres qui se vendent moyennement, qui marchent sans plus. Nous n’avons pas connu de gros bides ni de regrets sur les sorties de l’année passée. En revanche nous trions vraiment lors de la sélection. Même si les Japonais nous proposent des packs de titres vendus en ensembles, nous refusons systématiquement les titres qui ne nous plaisent pas, quand bien même ils sont offerts. Nous désirons un catalogue de qualité avec des titres variés abordant différents genres. Différentes branches types shônen, seinen, heroic-fantasy, etc. et à chaque fois qu’un titre est fini on le remplace par un nouveau. Par exemple à l’heure actuelle nous ne voulons pas faire de magical girl, pourtant on nous l’a souvent proposé. Ce n’est pas dans notre esprit, dans notre idée actuelle de catalogue. On ne veut pas faire tout et n’importe quoi.

Qu’est-ce qui vous a séduit sur les nouveaux titres Ghosthunt et The third ?
Pour Ghosthunt, c’est définitivement son scénario sur le paranormal qui m’a séduit. C’est une histoire bien prenante avec une très bonne animation. Toute notre équipe a vraiment flashé sur le titre et à partir de là nous nous sommes dits que c’était une série à faire découvrir absolument. Pour The third, nous l’avons choisi car nous cherchions un shônen dynamique, vivant sans exploser le portefeuille des consommateurs. La courte durée de la série, vingt-quatre épisodes, nous convenait parfaitement. Edité en deux coffrets de vingt euros chacun, cela nous semblait approprié. C’est un shônen qui pulse, très vif, cela manquait à notre catalogue. Enfin I my me ! strawberry-eggs qui se situe plus dans notre branche « séries délaissées », des petites perles diffusées il y a entre trois et cinq ans et qui sont passées inaperçues. Une très bonne série, très drôle de treize épisodes. On passe un bon moment à la regarder. Ce n’est pas Death Note ni Naruto, ce n’est pas une série sans fin mais c’est un titre qui mérite le coup d’œil.


Sur les prochains mois à venir, quels sont les surprises prévues ?
Notre planning est déjà bouclé jusqu’à mars 2009 ! Pourquoi nous n’avons pas annoncé de nouveaux titres à Japan Expo ? Parce que tout le monde en annonce ! Plutôt que d’être noyés dans la masse nous avons préféré ne rien annoncer. Tout notre planning à venir sera annoncé en septembre. Pour nos fans ils peuvent être sûrs que les séries en cours seront complétées. Nous pouvons juste dire que douze nouvelles séries sont prévues d’ici à la fin de l’année…

Le marché du DVD se transforme actuellement, qu’en est-il de votre position vis-à-vis de la HD ?
En effet la HD commence à sortir de sa niche mais le marché du DVD a encore quelques années devant lui. Maintenant les séries d’animation japonaises ne sont pas conçues en haute-définition alors l’intérêt du HD est aujourd’hui tout relatif pour nous. De ce côté-là nous dépendons du marché japonais. Il est sûr cependant que nous nous mettrons tôt ou tard au Blu-Ray mais actuellement c’est beaucoup trop cher. Nous avons actuellement un public qui veut voir des animes sans avoir un budget élevé, si nous nous mettons à faire du Blu-Ray, nous perdons une grande partie de notre public. Nous y pensons, nous développons des projets pour cela, tout comme pour la VOD également, mais le marché n’est pas mûr, il va falloir attendre certainement un an ou un an et demi avant que les choses n’évoluent favorablement. Aujourd’hui nous n’en sommes qu’au stade des projets, nous serons présents sur le support mais pas n’importe comment ni à n’importe quel prix.

Propos recueillis par David A. au Japan Expo 2008.
Vos réactions


  • harukabox1z2

    Haruka – Box1

    L'histoire : Dans une époque lointaine se trouvait un lieu sacré appelé Kyo protégé par quatre divinités. Lorsque celles-ci furent enlevées, la prêtresse du drago[…]

  • shurato

Dernières news

Diaporama

logAudience