Par La Rédaction - publié le 11 janvier 2008 à 04h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h26 - 9 commentaire(s)
De temps à autre, une idée surgit des brainstormings intensifs des rédactions croisées de Dvdrama et d’Excessif : il s’agit d’un nouveau rendez-vous hebdomadaire qui aura lieu le jeudi et qui permettra à nos lecteurs de réagir à chaud sur les films sortis durant la semaine. Le jour d’après permettra ainsi d’avoir un panorama d’avis divers sur l’actualité cinéma brûlante et sera intégralement rédigé par nos lecteurs excessifs. Pour participer, il suffit d’aller voir un film le jour de sa sortie et d'envoyer un mail à laurent.tity@dvdrama.com ou de poster simplement son avis chiffré sur les forums des critiques cinéma. On attend avec impatience vos écrits à partir de mercredi prochain.

ALIENS VS PREDATOR REQUIEM

Rorschach

Retour en (dis)grâce ?

L’annonce de la mise en chantier de « Aliens Versus Predator : Requiem » (ou « AVPR » c’est plus simple et plus vendeur) n’a pas mis le « oueb » en ébullition c’est le moins que l’on puisse dire. Si les premiers visuels diffusés intriguaient, on ne donnait pas cher de la peau de ce nouvel avatar du mercantilisme Hollywoodien.
Une info suscita pourtant quelques timides attentes. Le fossoyeur Paul Anderson (il a quand même à son tableau de chasse 3 franchises majeures : Resident Evil, Alien et Predator !) est remplacé par un tandem de réalisateurs, les frères Strause.


Nécromanciens
Deux frangins connus dans le milieu pour leurs effets spéciaux, notamment sur X-files le film et Terminator 3. D’ailleurs, le fait qu’ils aient été balancés sur cette prod pour illustrer le pitch de Shane Salerno, non crédité en tant que scénariste du nullissime « Alien versus Predator » , ne laissait présager rien d’autre qu’une débauche, aussi vaine que puérile, d’effets en tous genres. En clair, le prototype même du film que l’on attend avec la plus grande patience.
Malgré tout, les fans des franchises Alien et Predator gardaient le fol espoir de voir un film capable de les ressusciter après l’enterrement de seconde zone de Paul Anderson. Plus prosaïquement, relancer l’intérêt pour ces deux monstres sublimes.
Le seul intérêt du film de 2004 est son plan final qui voit le torse d’un Prédator exploser pour laisser échapper un hybride en puissance. Intérêt relancé suite à la diffusion de photos de ce Prédalien justement nommé, au design séduisant. Mais c’est bien la note d’intention de Greg et Colin Strause qui ranima la flamme. Simple, ils veulent faire oublier la purge précédente (ok, pas dur), revenir à un concept de base plus méchant et hargneux (yeah !) tout en s’inspirant du Aliens de Jim Cameron (oh putain !). C’est pas pour rien qu’ils ont rajouté un « s » à Alien !
Ah ça, question discours promotionnel, ils s’y connaissent les p’tits gars de la Fox. Mais au final cela reste souvent en deçà des promesses entrevues. Malgré tout, on y croit car leur volonté de renouer avec un glorieux passé se traduit par un retour à des créatures plus « gigeresque », retour également de Alec Gillis et Tom Woodruff JR à la conception des créatures et une photographie signée Daniel Pearl. Surtout, les photos et la bande-annonce laissaient entrevoir une ambiance sombre et des moments bien fun (ah, cet égrènement d’une population se faisant décimer…). Sans être un chef-d’œuvre du genre, les frères Strause permettent aux deux franchises de sortir de l’ornière grâce à un film énergique, parfois outrageusement référentiel et plutôt joliment violent.


La question humaine.
Contrairement son prédécesseur, « AVPR » recentre immédiatement le film sur les sujets principaux, à savoir les deux prédateurs ultimes. L’être humain ne servant plus que de faire-valoir. D’entrée, le tir est rectifié car ce qui plombait le 1er « AVP », outre le script inepte, était sans conteste la présence trop marquée des humains qui parasitait complètement le spectacle. On voulait de la baston homérique entre les deux races belligérantes et on obtenait au final une exploration archéologique bavarde.
« AVPR » reprend donc au moment où surgit le prédalien. Croissance expresse et décimage en règle du vaisseau des prédators ramenant sur leur planète quelques « face-huggers ». Les dommages causés par la bataille dévient le vaisseau de sa trajectoire qui s’écrase sur Terre, plus précisément dans la forêt jouxtant la bourgade paumée de Gunnison, dans le Colorado. Les Aliens se font la malle et le dernier des prédators n’a plus que la force d’envoyer un message de détresse vers sa planète afin qu’un de leur plus grand guerrier rapplique en vitesse faire le grand ménage. Quitte dans l’opération à tuer quelques spécimens de la race humaine.
Pas de fioritures, le film va droit à l’essentiel. En 5 minutes, les enjeux sont clairement exposés sans que l’on ait dû se farcir 10 plombes de dialogues. En plus, nous avons droit à un aperçu de la planète des Prédators au look clairement influencé par les nécromongueurs des Chroniques de Riddick.
Autre réjouissance, le sort réservé aux humains qui s’immisceront au combat est préfiguré par un chasseur et son fils tombés sur l’épave du vaisseau et qui finiront le torse explosé. Oui, oui, on voit également celui du fiston de 10 ans laisser échapper un asticot aux dents acérées.
Quant au flic tombant nez à nez avec le Predator chargé du grand nettoyage, il finira dans un hommage au film de Mc Tiernan, pendu par les pieds dans les arbres et complètement pelé.
Tandis que le Predalien rassemble des troupes en utilisant un vivier à disposition, soit des clochards vivant dans les égouts, que le Predator part en chasse, les humains vaquent à leurs occupations typiquement américaine : flirt, réinsertion et retour du soldat au bercail. Et oui, quand les extra-terrestres vedettes sont mis en valeur, les humains se bornent à des stéréotypes à peine esquissés. Une fois encore, les Strause réaffirment leur désintérêt total pour leurs congénères. Identification et développement des caractères sont inutiles puisqu’ils ne serviront que de chair à canon pour des débordements gores réjouissant et plutôt réussis. De toute façon, il n’y a qu’a voir le casting, deux « vedettes » de séries télés (dont Reiko Aylesworth en rupture de « 24 ») et aucune « gueule » pour jouer les seconds couteaux (mais où est passé Lance Henriksen bordel ?).
Mais les frères Strause montrent qu’ils ont tout compris à un concept aussi dégénéré en limitant l’utilité de l’homme à servir d’appât ou de matrice reproductrice. La scène où le Prédalien insémine les femmes enceintes d’un hôpital est aussi choquante qu’imprévisible. Instantanément culte.


Des hommes sous influences.
Les réalisateurs ont été payés pour une seule chose, mettre en scène de manière aussi belle que brutale l’affrontement entre les deux races extra-terrestres les plus badass de l’univers. Mission accomplie et avec la manière en plus. Photo classieuse, cadres soignés, production design magnifique, le film est visuellement accrocheur.
Gros défaut, l’usage trop intensif de gros plans qui nuit à l’action, devenant assez illisible par moments. Une difficulté de lecture accentuée par la caméra portée (mode qui a tout intérêt à passer avant de devenir une constante de tout actionner hollywoodien).
De même le découpage laisse à désirer, dénotant du manque d’expérience de ces artisans des SFX en matière de réalisation.
Mais ne boudons pas notre plaisir, le film demeure inventif et stylisé.
Utilisant à merveille les plans signatures des apparitions des aliens (révélation de leur présence dans le décor par un reflet, leur mâchoire ou leur bave) et iconisant à mort les attitudes du Predator, le film ménage en plus quelques moments bien glauque et craspec. C’est bien joli d’éviscérer un gamin mais montrer une femme enceinte d’à peine quelques mois le ventre implosé, fallait oser. Sans oublier la maternité de l’hôpital transformée en véritable nid à aliens.
Le film est clairement sous influences mais il parvient à suffisamment s’en affranchir pour éviter le plagiat inepte. La séquence dans les égouts où le Prédator tente de piéger les Aliens présents fait nettement penser à une séquence du même type de Blade II.
Mais c’est définitivement Aliens de James Cameron qui fait office de mètre étalon. Hélas, « AVPR » souffre inévitablement de la comparaison. Là où le film de Cameron se caractérisait par une tension croissante et une ambiance oppressante et anxiogène, celui de Greg et Colin n’en conserve que des passages désormais cultes. Quelques trouffions de la garde nationale exterminés hors-champ, une Ripley et Newt – like (la sergente O’Brien et sa fille), visite de la nursery alien... Des références pourtant jamais trop prégnantes. Les frangins conservent une attitude humble, citant un modèle sans jamais tenter de le surpasser par une surenchère graphique. Une relecture urbaine du chef-d’œuvre de Cameron qui aurait pu être encore plus jouissive avec une mise en scène mieux maîtrisée.
Dommage que le combat final finisse en queue de poisson, ou d’alien en l’occurrence, laissant un goût d’inachevé.


Unanimement condamné.
Malgré ses qualités, le film est victime d’un acharnement tant critique que public pour le moins étonnant. Des scories demeurent, on ne s’improvise pas metteur en scène même si on est un geek doué pour confectionner des effets-spéciaux, c’est évident. Au moins, le duo n’a pas la prétention de surpasser les 4 Alien et les 2 Predator.
On leur reproche également d’être trop fan des franchises en question au point d’avoir abuser de références en tous genres, les vidant de leur essence Elles servent plutôt bien le film, au contexte, certes moins travaillé et à l’intrigue plus linéaire.
Le Predator est devenu un gros bourrin voué à défoncer les portes plutôt qu’à se fondre dans son environnement ? A partir du moment où les Aliens envahissent la ville et que sa mission consiste à effacer toute trace, plus besoin de faire dans la dentelle.
De toute manière, ce n’est pas le propos du film. Le Prédator est là pour annihiler la menace Alien, point. Rien à faire du reste.
Manque d’ampleur, d’ambition ? D’accord, mais l’intention de départ n’a jamais été de révolutionner le genre.
Caractérisation des humains indigne ? On est là pour les stars du film.
Le sort des rescapés importe peu. Ils peuvent bien finir empalés par la queue d’un alien ou l’arme du Predator, rien n’empêchera la confrontation finale aussi photogénique (de nuit et sous la pluie) que dantesque entre l’hybride et son congénère. Une séquence en l’état très bonne mais qui aurait eu plus d’impact encore grâce à une plus grande utilisation de plans larges qui aurait permis de mieux mettre en valeur les belligérants.
Les incohérences (l’ex taulard arrive à faire marcher une arme extraterrestre ?!), les problèmes de rythme de la 1ère partie et les limites des réalisateurs (échelles de plan à revoir) n’enlèvent rien au plaisir primaire de voir Predator et Aliens se foutrent sur la gueule.


En conclusion, vous pouvez oublier le film de Paul Anderson (son seul haut fait d’arme restera à jamais le flippant Event horizon).
Première bonne surprise de l’année, « Aliens versus Predator : Requiem » est une bonne grosse série B qui débourre, qui ne se prend pas la tête et qui ne se contente pas d’illustrer un scénario bêtifiant. Jouissif, fun et inventif à souhait, tiercé gagnant pour un film dont on en attendait pas tant.
N’ayez pas honte d’avoir aimé ce film. C’est plutôt marrant de voir certains le descendrent un peu partout sur le net et dans la presse quand les mêmes se paluchent devant du Michael Bay (Bad boys 2 ou Transformers) ou le remake de 2003 de Massacre à la tronçonneuse.

Note : 6/10


Budd

Après le premier opus réalisé par Paul W.S. Anderson, reconnu par beaucoup comme un navet (je précise que je ne l’ai pas vu, et que je ne fais que rapporter des faits sans porter de jugements), surtout si on le compare aux excellents films dont sont tirés les deux monstres présents dans le titre : la saga Alien (Alien ; Aliens ; Alien 3 ; ) et les deux Predator. A l’annonce de la suite bien entendu, on annonce un désastre, malgré le départ de Paul Anderson. A sa place, deux inconnus, les frères Strause. Puis viennent des images plutôt bonnes, et les déclarations des deux réalisateurs, à l’ego plutôt démesuré, promettant un vrai affrontement, qui enterrera le premier. Bien entendu les mauvaises langues diront que ce n’est pas un défi dur à accomplir et on se met à espérer que le spectacle sera effectivement à la hauteur. Peu avant la sortie du film, les premiers échos sont mauvais. Néanmoins, le meilleur avis est celui qu’on se fait en voyant le film soi-même, et même si je n’ai pas vu le premier film j’y vais (voyez, il s’agit là d’une critique ET de mon journal intime – à suivre, les exploits de mes courses et ma rencontre avec le sosie de Chuck Norris).


Le film commence par la fin du premier film dont il est la suite directe. Le scénario est un peu difficile à retranscrire (si toutefois il y en a un), disons que suite au crash sur Terre d’un vaisseau de Predator à cause d’Aliens pas gentils, le roi des Predator décide de leur faire justice et de les massacrer. Les Aliens, eux, en profitent pour se faire un petit snack de viande humaine tout en se multipliant à grande vitesse. Et au milieu, bien entendu, les humains qui vont tenter de sauver leur vie (heureusement que ça se passe aux Etats-Unis, où obtenir des armes est un jeu d’enfants, c’est pour ça que le film de genre n’existe pas en France).
D’après les dires des deux réalisateurs souvenez-vous, le film sera un festival d’action et d’effets gores, ce qui pourrait satisfaire un spectateur tel que moi qui n’a pas la prétention de juger un film sur les thèmes abordés ou la critique sociale quand il se présente comme un film de divertissement. Néanmoins j’attends des scènes d’action provoquant des « Waow » ou « Oh putain ça déchire » et non pas des bâillements répétés. Non pas que les scènes d’actions soient vraiment nulles, mais la volonté de filmer dans le noir embrouille souvent le spectateur, qui a du mal à reconnaître les bestioles (surtout le duel final, les deux créatures ayant des dreadlocks) ou à comprendre ce qu’il se passe concrètement. De même, là où les frères Strause, dans un élan de modestie hallucinant, se vantaient de l’aspect gore du film, le spectateur un tant soit peu habitué aux films violents se retrouvera face à un enchaînement de scènes suggérés ou sanglantes, voire des scènes où nous sommes censés sursauter, si toutefois les ficelles utilisées n’étaient pas usées depuis, soyons généreux, les années 80. En outre, le comité de censure ne sert pas le film puisqu’il interdit la séance aux seuls spectateurs capables d’adorer ce film et de le considérer comme un film « violent qui fait peur », à savoir les moins de 12 ans.


La réalisation générale du film, ainsi que la photographie, n’ont pas grand-chose à se reprocher, si ce n’est d’être peu originales, peu d’idées novatrices sont utilisées mais au moins on évite les sévères fautes de goût. Le scénario, quant à lui, est d’une banalité médiocre, prenant son temps au début du film pour présenter des personnages (à savoir le shérif gentil qui connaît tout le monde, la femme soldat qui rentre chez elle, le frère sorti de taule et rangé qui veut éviter que son petit frère ne fasse les mêmes erreurs que lui, le même petit frère amoureux d’une fille dont le petit ami est une tarlouze lâche qui le frappe lorsqu’il est entouré de ses amis…), vus et revus dans n’importe quel film d’après-midi le dimanche sur TF1 (les « Explosion Dangereuse » ou « Vengeance violente » ou même Walker Texas Ranger mais sans les monstres, enfin vous voyez le genre ). Pire encore, il retarde les premiers affrontements, seul attrait du film rappelons-le. Les répliques sont quant à elles mémorables, mais dans le mauvais sens, c’est finalement le site nanarland qui se félicitera de la production de ce film (« Quoi ? Le gouvernement ne dit pas la vérité ? », dans le genre pseudo critique sociale même pas subtile, on a pas fait mieux, mais c’est pas faute d’avoir essayé). Les acteurs ne sont quant à eux pas géniaux, dans le meilleur des cas on obtient des performances honnêtes (Johnny Lewis, ici le petit frère, aperçu notamment dans la série Newport Beach), dans le pire des second rôles merdiques comme la petite amie qui heureusement se fait butée, excusons les tout de même car il faut reconnaître qu’avec un scénario aussi pourri on ne peut pas faire grand-chose non plus.


Bête, prétentieux, à peine jouissif, AvP : R est finalement un pétard mouillé, dont le faible score au box-office pourrait inciter les producteurs à mettre fin à cette saga, et à se plonger dans la production d’un Alien V ou Predator III. Quant aux frères Strause, on ne leur conseille pas de prendre des leçons de cinéma, mais de s’entourer plutôt d’un bon scénariste et aussi de prendre des leçons de modestie, ça ne leur fera pas de mal et ça leur évitera de prendre leurs spectateurs pour des cons, une fois de plus.

Note : 3/10

  • La Critique

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