Ode sombre et suffocante à une innocence dont la place dans la société semble superflue ou sujette à perversion,
London to Brighton est le premier long métrage de Paul Andrew Williams qui décline ici son court-métrage
Royalty en y utilisant les mêmes personnages.
3h07 du matin / Londres : 2 filles se précipitent dans des toilettes délabrées. Joanne est en larme, ses vêtements sont déchirés. Le visage de Kelly est tuméfié. Duncan Allen, git dans sa salle de bains, se vidant de son sang. Le fils de Duncan, Stuart, vient de découvrir son père et veut des réponses. Derek, le mac de Kelly, doit la retrouver ou c'est lui qui va devoir payer. Kelly et Joanne doivent survivre aux prochaines 24 heures ...Le scénario, écrit en quelques jours et tourné en moins de 3 semaines fin 2005, pour un budget « équivalent à celui d'un budget de catering sur un film britannique moyen » dépeint ainsi la plongée brutale d'une jeune fillette de onze ans ayant fui un foyer familial inhospitalier (père alcoolique et violent, mère décédée) dans un monde de prostitution et de crime où la mort est un facteur omniprésent. Affamée et faisant la manche, elle est repérée par Kelly, une prostituée chargée à contre coeur de trouver une très jeune fille pour un des clients de son mac. Le client étant un très gros poisson, le mac très avide et l'assiette souvent vide, Kelly se prêtera d'abord au jeu pour finalement succomber à l'appel d'un instinct maternel protecteur, et remettre en question ses acquis. L'argent étant une denrée rare mais surtout nécessaire, sont corps lui servira à amasser l'argent indispensable à leur fuite, l'auteur peignant un monde où tout se monnaye, de la santé physique des protagonistes (Kelly acceptera une passe sans préservatif en augmentant à peine ses tarifs) à la vie des autres (Joanne est « louée » au riche client, sans regard sur ce qu'il compte lui faire).
Le DVD sortira dès le
10 avril 2008.
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