Vaincu par le redoutable Comte Dracula, le célèbre Van Helsing échoue dans son combat contre les Forces du Mal… Un siècle plus tard, Dracula s’éveille à nouveau. Accompagné de quelques-uns de ses amis monstres, il se lance à la recherche d’un talisman qui lui assurerait un règne éternel. Qui pourra l’empêcher d’établir son pouvoir sur la Terre ? La Monster Squad, une bande d’adolescents passionnés de films d’horreur. Ils sont intrépides, marrants, froussards ou un peu voyous, et sont les seuls à pouvoir empêcher les monstres d’envahir la planète.
Enfant vous voyez un tas de films, vous croyez l’histoire que l’on vous raconte avec une naïveté touchante et sincère. Le film à travers vos yeux n’a aucun défaut et vous le repassez en boucle jusqu'à connaître les répliques par cœur. Et puis vous grandissez (vous prenez de la bouteille comme on dit), vous perdez votre innocence et votre regard devient critique. C’est à ce moment là que se présente l’occasion de revoir un film qui vous a marqué étant petit. La question est de savoir comment allez-vous appréhender le film aujourd’hui ? Votre nostalgie sera-t-elle plus forte que votre œil critique ?
Ici malheureusement ce n’est pas le cas, pour des raisons multiples. Le film est bourré de faux raccords. Ce qui était imperceptible (et donc supportable) pour un enfant, devient une agonie pour un adulte. Lors des changements de plans en champ/contre-champ, les acteurs se retrouvent à faire le même mouvement que le plan précédent. Cet effet de répétition est courant tout au long du métrage.

Les problèmes techniques ne sont pas les seules causes de la débâcle du film. Une grosse partie de cette déception revient tout naturellement aux monstres. Sur une échelle de crédibilité de 1 à 10, ceux-ci se situent entre 3 ou 4. Une mention spéciale au Comte Dracula pour son charisme inexistant, son regard maléfique inspirant le rire plutôt que l’épouvante et sa manière si naturelle de ponctuer la fin de ses phrases en élevant la voix (c’est bien connu tous les monstres poussent des cris en fin de phrase afin d’angoisser le spectateur). Frankenstein joue son rôle de gentil monstre monté sur ses fameuses chaussures à talons haut, le loup garou, la momie et le monstre des mers remplissent le cahier des charges du film, à savoir être présents dans quelques scènes d’action en combattant les enfants avant de mourir sous leur mains dans l’indifférence la plus totale de la population.

Les enfants eux même sont source de désagrément. On peut très bien stéréotyper les personnages, mais encore faut-il que ceux-ci soient suffisamment travaillés pour leur donner une existence aux yeux du spectateur. Ici on retrouve les caricatures habituelles : le petit gros peureux qui se goinfre à longueur de journée et qui va s’assumer à la fin du film, les loubars de l’école qui prennent une raclée à la fin, le faux bad boy sentimental qui se pose en chef de bande, l’intello qui connaît toute les ficelles pour combattre les monstres. Une équipe vue des milliers de fois dans la plupart des films mettant en scène une bande de gamins.
The Monster Squad était sûrement une œuvre culte pour toute une génération, aujourd’hui il faut se rendre à l’évidence, le film a très mal vieilli et a perdu tout son charme.